Biodiversité fribourgeoise et les jardins d’Aladin
Passer un mois d’août aussi pourri que celui-ci demande une bonne dose de zénitude: pendant les week-ends systématiquement mouillés, les alpinistes frustrés tournent en rond l’oreille vissée aux prévisions météo. La biodiversité (animale) des forêts fribourgeoises semble se réduire à une foule omniprésente de limaces fluorescentes. Mes footings sont donc agrémentés de ces présences visqueuses et même une tique a choisi de me tenir compagnie (c’est bête une tique, ça se fourre la tête dans votre mollet et oublie le reste du monde. On devrait dire têtu comme une tique!).
De mes instants volés et entre deux ondées, j’ai retenu pour vous:
Un soleil d’août farceur qui allume les épilobes dans les clairières du Schwyberg après des torrents de pluie. Farceur parce qu’il nous avait fait croire quelques instants plus tôt qu’on était en novembre.
Une lisière étagée à l’orée des bois de Bourguillon. Un frou-frou de jeunes érables et hêtres, fardés par les grappes rouges des sorbiers, qui m’accueille au sortir de l’ombre des épiceas.
Kim a découvert les jardins d’Aladin…à la Berra. Sur l’arête nord, ce dimanche zébré de pluie et crépi de boue, nous sommes entrées sur la pointe des pieds dans un monde de myrtillers, rhododendrons, et prêles, petits sapins, rosiers sauvages et herbes jaunies. Silence ouaté, monde des oiseaux, il y a toutes les ombres de verts. Le sentier est à peine visible. Même si les génies de la Berra faisaient la sieste sous les taillis, leurs jardins ont émerveillé ma pitchoune avec leurs moutonnements légers…