J’avoue…il n’y a pas que les travaux d’Hercule qui m’éloignent de mon blog. Il y a ces chers instants volés, sans lesquels je ne saurais être…Il y a eu les lumières crépusculaires de cette semaine, qui changent les toits des villes en cimes et mélangent les horizons avec les secondes suspendues du souffle coupé.
Il y a eu le bleu foncé lumineux du soir qui soulève une mélancolie venue de l’enfance, lorsqu’un dernier merle chante et que les pignons des toits se découpent, solitaires, contre les dernières clartés.
Visites aux montagnes
J’ai payé mes respects au Wildhorn, en remontant les plis de son flanc valaisan. Partant des balcons de la vallée du Rhône, à la fois riches et arides, on rejoint les grands lapiez de la muraille qui sépare les fiefs bernois et valaisans. Sur l’échiquier des Alpes valaisannes, le Wildhorn ne saurait être un roi, bien que fort et ample : une tour peut-être, qui surveille les têtes couronnées qui lui font face, au sud ?
Puis la Grande Lui, avec Marie-Claude, rescapée de l’avalanche du Lauenenhorn. Pour se remettre en confiance, le fond du val Ferret, bien que ponctué du charmant village de la Fouly, est plutôt impressionnant : les pentes plongent sans retenue, les avalanches purgent les couloirs et bâtissent des cônes démesurés dans le fond du vallon, le granit montre les dents, et les glaciers en suspens défient la gravité avec une stupéfiante légèreté. Mais le en regardant vers le sud, le Val Ferret prend un air rêveur et doux, car il nous promet l’Italie. Les loups l’ont choisi pour passer en Suisse…On aurait bien tort d’oublier le maître des lieux, caché au fond de sa baie glaciaire : le Dolent. Si le Wildhorn est la tour, le Dolent est le fou. Pointu et insolent.
Perçoit-on les reculs des glaciers dans ce coin là? merci pour ce beau texte.
Commentaire par Moukmouk — 22.03.2007 @ 13:22
Cher Moukmouk,
ce n’est pas l’endroit où le recul glaciaire est le plus évident. Dans la région de Trient, en Valais, on voit les glaciers rétrécir et s’accorcher comme des griffes désespérées aux rochers lisses qu’ils ont polis depuis des années. A Chamonix, la mer de glace se transforme en baignoire, on rajoute régulièrement des échelles depuis l’arrivée du train pour rejoindre le glacier. Le fond de la vallée de Saas Fee, toujours en Valais, les glaciers sont chaque année plus haut perchés, plus gris, plus pitoyables. Et cela va vite, car tout s’emballe: avec la disparition de la glace on perd un potentiel de froid qui maintenait les glaciers en vie. POur la petite Suisse, c’est un changement radical, on perd presque notre identité. Mais pour les peuples du grand nord, c’est une civilisation entière qui est menacée…
Commentaire par Catherine Martinson — 23.03.2007 @ 10:12