Les bijoux du Cousimbert
Au milieu d’une semaine délirante, j’ai planté là mon portable et mes soucis, et je me suis éclipsée au milieu de l’après-midi. Direction: une montagne tout près, sous la main, pour retrouver à grandes enjambées ne serait-ce que mon prénom. Le Cousimbert est donc la destination de choix. Un peu bourru, hérissé de plantations d’épicéas et renommé pour ses flysch boueux, il étire son épaule de gazons sous le ciel bas à un jet de pierre de chez moi.
Ses aspects un peu frustes disparaissent lorsqu’on s’attaque au sentier, crasseux de boue il est vrai. Tout d’abord, on se croit dans une forêt peuplée de djinns farceurs. Un craquement bizarre, on s’arrête, sûr de voir quelque apparition animale ou surréelle, mais non. Les sapins ne bronchent pas, semblant dire: pô moi! Un gémissement bizarre…mais non, ce sont les génisses plus bas dont le meuglement est déformé par les sapins et la brume. Des bruissements, claquements, cette forêt ne cesse de faire des calembours. Mais si on sait que le lynx fréquente ce massif, on ne s’étonnera plus de ces impressions fugitives que la montagne est “habitée”.
Au détour de pétasites et glissant dans la boue, alors que j’arrive dans l’étage des oiseaux chanteurs, je tombe en arrêt devant un étalage de bijoux intattendus: les prêles d’un talus sont brodées de perles de pluie qui brillent, insouciantes du vert et brun sombres de la forêt. Emerveillement enfantin.
Plus haut, j’arrive dans la neige (d’octobre!!!) et les rhododendrons boudeurs. Le grésil engoufre le paysage, si bien que lorsque le tétra-lyre s’envole en râlant devant moi, mon coeur rate trois battements. Celui-là n’avait au moins rien d’un troll…
Au retour, de glissades en glissades, je retrouve mon jardin de prêles et de pluie, qui malgré le grésil, continue de luire pour dieu sait quelle fée gruyérienne…
Oh ! Je l’avais manqué ce billet là !
Mmmmh, de la neige, déjà ? Si tu savais comme je m’abreuve de ces impressions. Non que l’extrême douceur de l’octobre d’ici ne soit désagréable bien au contraire mais elle a parfois tendance à prendre des touffeurs de mousson qui deviennent irrespirables. La prochaine fois je penserai aux prêles parées de pluie pour surmonter la journée…
Commentaire par La Frangine — 15.10.2007 @ 22:46
Rhâ mais comment qu’il fait, Moukmouk, pour avoir sa photo dans les commentaires ???
Commentaire par La Frangine — 15.10.2007 @ 22:47
la Frangine–
c,est parce que je suis BEAU ( et que je me suis créé un compte wordpress juste pour montrer à tout le monde que je le suis)… Et puis ta soeur elle écrit magnifiquement bien… il faut que je la fasse connaitre…
Catherine–
si tu vois un lynx chez toi, c’est qu’ils sont moins discret que ceux de la forêt de la Wollustuk… j’ai déjà passé plus d’une heure à moins de 3 mètres de lynx sans le savoir… http://pohenegamouk.free.fr/index.php?2007/02/23/255-le-fantome-dakadia
Commentaire par moukmouk — 16.10.2007 @ 4:41
Ca oui elle écrit bien, ma soeur ! C’est tellement beau qu’on n’a même pas besoin des photos
Commentaire par La Frangine — 16.10.2007 @ 10:55