Blog de Catherine

21.06.2007

Orage

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 8:37

Ce matin peu après 7h30, la nuit retombe. Comme un froncement de sourcils. Une couche de nuages noirs glisse à tout allure au dessus de la ville, la cime des arbres s’affole. Comme dans le Seigneur des anneaux lorsque Sauron s’approche. Comme dans le Mississippi lorsque les tornades se préparent. Un grondement au loin, malgré la température plus fraîche, l’orage bataille.

Puis soudain, tout devient laiteux dans un grand chuintement: la pluie s’abat en rideaux serrés  et les toits se liquéfient instantanément. Tout arrive si brusquement…ce sont les orages cuvée 21ème siècle, bizarres, fantasques, brutaux.

23.05.2007

Le vélo, c’est écolo…MAIS

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 23:09

…mais préparer des vacances à vélo, à six, c’est loin d’être rigolo…

Dès les skis rangés (cela doit expliquer ma panne de blog), on ressort les vélos. Et on se dit: cette fois on est tous assez grands, on va partir en exploration en direction du nord (le petit nord, pas le grand). On a acheté quelques bouquins et on est tombé sur un itinéraire qui nous semble pas mal: Berlin-Coppenhague. On peut visiter ces deux villes et entre deux, se prendre une bonne pinte de prés, lacs, forêts et petits châteaux. Super, on se lance. Ce que les livres ne vous disent pas, c’est que transporter 6 vélos et deux charettes (car nous allons camper, sans blague!) hors de Suisse, c’est la croix et la bannière. Petit florilège:

“Ah non, ce train ne prend pas les vélos. “

“Les vélos oui mais les carrioles, vous n’y pensez pas…”

“Les envoyer jusqu’à Berlin? depuis Fribourg? à quelle adresse? non ce n’est pas possible, pas en international, pas dans les gares. A une adresse privée? ah vous n’en avez pas? alors non”

“Voilà les billets pour vos vélos, Fribourg -Bâle” (faut bien commencer par un bout…) . L’horaire, lui, il dit: “pas de transport de vélos possible entre Fribourg et Bâle”…!!!

Les carioles, faudra les déguiser en sacs. Le retour est encore incertain: de guerre lasse, on est devenus déraisonnables, on s’est dit: on rentre en avion, ils transportent les vélos pour 30.- chacun. L’aubaine. Le hic, c’est que…”désolés, on ne prend que 3 vélos par avion”. On sera donc contraints de rentrer à vélo?

S’il vous plaît, les chemins de fer, CFF, SNCF et autres Deutsche Bahn, mettez-vous d’accord, aidez les courageux écolos à partir en famille sur leurs bécanes découvrir le monde sans trop encrasser le climat…on serait des milliers à partir sur les routes pour faire connaissance avec les voisins!

27.04.2007

Elections françaises: Machiavel (Royal) contre Louis (Sarkhozy) XIV?

Classé dans : De tout et de rien, Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 11:54

Pour une fois, je ne vais faire ni de l’écologie, ni de la poésie, ni de la politique suisse.

Plantons le décor:

1) si j’étais française, je ne saurais pas pour qui voter: certainement pas Sarko, mais Ségo…bof.

2) je suis en train de lire “les liaisons dangereuses” de Laclos, qui est une vraie encyclopédie de la manipulation… Je vois donc des machinations partout!

Je regarde ce trio infernal que forment Ségolène Royal, Nicolas Sarkhozy et François Bayrou. Et je me dis:

Ségolène sort les dents elle a le dos au mur. Elle cherche maintenant à faire tomber Sarko, plutôt que de gagner l’élection. Elle le provoque en proposant un débat avec Bayrou . Elle espère peut-être que Nicolas perde ses nerfs et le pousse à faire un truc inacceptable pour le grand public: par exemple manipuler la presse. Forcer la télé à refuser le débat.

Si c’est prouvé que Nicolas  manipule la presse et musèle la liberté d’expression, cela pourrait bien faire un remake des élections espagnoles: le parti de l’ex- président José Maria Aznar a perdu les élections car les Espagnols n’ont pas du tout aimé son opération de désinformation suite aux attentats terroristes de Madrid . En trois jours, l’opinion publique a changé et  le socialiste José Luis Zapatero a gagné.

Alors Ségolène est-elle une Madame de Merteuil? un Machiavel en jupons? j’avoue que si tel était le cas, elle m’impressionnerait…à tel point que je serais au final incapable d’aller voter!

23.04.2007

Une visite au Vélan

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 10:26

Je n’aurais jamais cru, en commençant ce blog, que je parlerais de montagne aussi souvent. Les sommets que je visite au gré de mes randos à ski me laissent des impressions parfois très fortes et je ne reviens sur terre que très lentement. Le Mont-Blanc, bien que surfréquenté, me fait encore rêver. Le Dolent, le Viso…pourquoi certaines et pas d’autres, je ne le sais pas.

Je suis enfin allée visiter le Vélan. Le Grand Géologue l’a bricolé un peu différemment des sommets avoisinants, il avait, je pense, envie d’un gâteau d’anniversaire ce jour-là: le Vélan est en effet comme une tourte glacée, la calotte du sommet pourrait accueillir toutes les bougies de l’âge de la Terre. Mais pas ridicule non plus: le fameux Mont-Blanc surprend aussi par la douceur de son sommet de neige, couronnant des flancs abrupts et formidables.  A côté du Combin, sorte de Zeus qui roule les mécaniques de ses interminables arêtes, le Vélan est accueillant, blanc et bleu.

Il est pourtant blotti bien loin au fond de sa vallée. Renonçant à l’itinéraire normal, nous avons choisi de l’aborder par le couloir Annibal, en partant depuis le Grand Saint-Bernard. On a presque l’impression de prendre la montagne par surprise. J’étais étonnée de réaliser combien ce Vélan lointain est en fait proche du col du Grand Saint-Bernard.

Silence au petit matin dans l’approche raide du glacier de Proz. Le Dolent, derrière nous, montre sa face de pierre noire. Je ne connaissais que son flanc glaciaire, rayonnant et clair. De là, il se donne des airs de Grande Jorasse, que l’on voit aussi en enfilade s’appuyer contre le Mont-Blanc, réveillé depuis longtemps. Au pied du couloir, je me détraque le dos en chaussant mes crampons. J’ai failli renoncer…puis décidant que le mieux à faire étant de continuer tant que les muscles étaient chauds, j’ai clopiné derrière Tom dans ce couloir…J’ai bien fait!

Quelle belle ambiance dans ce couloir de neige qui accepte bien les crampons…pas de souci, la pente était juste ce qu’il fallait pour qu’on sente bien la grande ligne de la montagne sous les pieds, mais pas trop raide pour avoir les dents plantées dans la glace et les jambes qui tremblent. Les mollets protestent un peu, car nous sommes bien chargés avec nos skis comme deux ailes de criquet sur le dos. Puis on arrive vers la lumière et on reprend pied sur cette merveilleuse calotte sommitale, large comme un pôle antarctique, et sereine sous le soleil.

La descente par le glacier de Valsorey est un vrai cinéma, les combes sont larges et les pentes généreuses. Même les vieux sastrugis de neige gelée donnent de l’ambiance. Plus bas, un couloir de neige douce nous permet de descendre d’un étage, sous le front des séracs et au début du royaume de l’eau. Le glacier nourrit un torrent dont les bras d’un bleu irréel méandrent jusqu’au lac, qui est surveillé par d’immenses moraines brunes. On reconnait bien la démesure du Combin, qui plante ses racines dans le vallon de Valsorey.

Plus bas, ce sont les cascades dans les falaises, les touffes de lichens, mousses et autres végétaux qui se précipitent au soleil dès la neige partie. La descente s’achève à pied sur le sentier, skis au dos, dans ce large vallon où fleurissent déjà les gentianes et où l’eau s’écoule de partout, s’activant à nourrir, éroder, chanter, sculpter…

20.04.2007

A quand des quartiers écologiques à Fribourg? ou à Bulle?

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 19:17

La construction fait rage en ce moment dans le canton de Fribourg. Les quartiers d’immeubles et de villas poussent comme des champignons et s’étalent comme si leur mycélium était dopé aux hormones de croissance.

Je passe devant de nouveaux quartiers lors de mes petits footings volés. Pas un seul panneau solaire n’orne les nouveaux toits. Bulle est ravagée par les chantiers, personne ne parle de concept d’habitations écologiques (petit bouquet à Bulle cependant: la commune construit un chauffage à distance, c’est un début).

AU mois de mars, je me suis rendue dans le  sud de Londres visiter ce fameux quartier écologique nommé “Bedzed”. Plus qu’une technique d’ingénieur, c’est tout un style de vie que le WWF UK et l’organisation Bioregional ont développé à travers ce projet. Le but: rendre le mode de vie écologique facile et agréable. On pense à tout: accès aux transports publics, point mobility sur site, livraison de produits agricoles biologiques dans le quartier, jardinets, plate-bandes, places de jeux, lieux de rencontre, unité de cogénération fonctionnant au bois (pour produire de l’électricité) sur place, etc. Aucune limite à la créativité pour trouver moyen d’économiser énergie, matières premières et tracas.

Les Anglais se fixent d’ailleurs des buts très ambitieux pour la réduction de leurs émissions de CO2. LE maire de Londres a pris des mesures favorisant la construction de maisons peu gourmandes en énergie, aussi bien par de choix des matériaux que par leur conception énergétique. Leurs propriétaires seront exonérés de taxes s’ils construisent selon de tels principes. Le village Olympique des JO 2010 sera écologique et un quartier durable restera sur ce qui est actuellement une friche et qui accueillera infrastructures, athlètes et public.

On peut le faire aussi. Les genevois y songent sérieusement, les lausannois aussi. Et au WWF Suisse, on y  travaille!

Le coup de griffe de la semaine

Classé dans : Conso, De tout et de rien, L'écolo, elle en pense quoi? — Catherine Martinson @ 18:59

C’est qui le griffé de la semaine?

C’est l’Axpo. Le gros producteur et surtout vendeur d’électricité suisse. Celui qui nous bassine avec la future pénurie d’énergie en pleine crise de réchauffement climatique…

Bon et alors?

Alors je le tiens de source sûre: ils sont ouvertement CONTRE  le modèle de la société 2000 watts, (aujourdhui, on vit sur un pied d’environ 6000 watts). Pour ceux qui ne voient pas comment ça fonctionne: en gros, vivre à 6000 watts, c’est comme prendre une douche avec le robinet ouvert à fond. Vivre avec 2000 watts, c’est comme prendre sa douche avec le robinet ouvert à un tiers. Des chercheurs des écoles polytechniques planchent sur des systèmes et de nouvelles technologies qui nous permettent de réduire notre consommation d’énergie sans perte de confort.

On voit donc que l’Axpo, soutenue par les députés imbriqués dans des conseils d’administrations bien commodes,  ne joue pas franc-jeu et manipule l’opinion publique comme de la pâte à modeler. Le profit avant le reste!

Donc oublions la pénurie, construisons des quartiers écologiques, retapons nos barraques (mouais, je sais, je fais parties du peuple des locataires souffrant de régies bornées) et soyons plus malins que les marchands d’électricité! Au passage on fera un pied de nez à l’Axpo!

Riez riez, v’là le printemps

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 18:29

Heureusement qu’il y a ma très chère collègue qui m’aiguillonne, je me laissais aller dans une paresse toute printanière. Il est vrai que mon dernier billet “neige” faisait un peu “has-been”. Les meringues de la dernière tempête hivernale sont remplacées maintenant par des flammèches d’un vert perçant, qui auréolent vieilles branches et frondaisons vénérables. Les arbres restés ternes entre deux souffles de neige font des grâces avec le vent et des révérences aux sous-bois envahis de violettes.

Ce qui me fascine, c’est que chaque année, ça” marche” de nouveau: dès la fin mars, on voit sortir d’entre les feuilles mortes des cornets pointus enroulés serrés, que rien n’arrête: les feuilles d’arum. Devant ma fenêtre, une mousseline de feuilles de bouleaux brille dans le soleil qui décline. J’aime aussi observer de plus près les feuilles nouvellement sorties de leurs bourgeons: parfaits origamis plissés, crosses ou miniatures ciselées, tannées, vertes ou rousses, organisées au millimètre pour déployer leurs capteurs solaires chlorphyllés au bon moment.

En parlant de capteurs solaires….

voyez le billet d’après!

23.03.2007

Neige, neige, neige

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 10:06

J’en étais sûre..

lorsqu’à Noël l’heure était au découragement éploré devant la douceur de l’air, je me méfiais du coup: la neige arriverait en fanfare au printemps. Et ça n’a pas raté, ce matin c’est un délire …les arbres sont méconnaissables: parés à la hue et à la dia de lourdes meringues de neige, les branches gantées de blanc et d’argent, ils ploient, se balancent sous ce poids inattendu, font parler la poudre et jouent à l’avalanche tout seuls. Le risque de douche froide est donc particulièrement élevé aujourd’hui, une simple mésange peut transformer le quidam innocent en tas de neige.

Devant chez moi, c’est comme dans les contes de l’hiver. Le silence n’est rompu que par quelques pituits de passereaux…je vais aller courailler dans la forêt, au mépris avalanches arborigènes, m’ennivrer de ce faux hiver ephémère…

18.03.2007

Ballades et instants volés

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 19:00

J’avoue…il n’y a pas que les travaux d’Hercule qui m’éloignent de mon blog. Il y a ces chers instants volés, sans lesquels je ne saurais être…Il y a eu les lumières crépusculaires de cette semaine, qui changent les toits des villes en cimes et mélangent les horizons avec les secondes suspendues du souffle coupé.

Il y a eu le bleu foncé lumineux du soir qui soulève une mélancolie venue de l’enfance, lorsqu’un dernier merle chante et que les pignons des toits se découpent, solitaires, contre les dernières clartés.

Visites aux montagnes

J’ai payé mes respects au Wildhorn, en remontant les plis de son flanc valaisan. Partant des balcons de la vallée du Rhône, à la fois riches et arides, on rejoint les grands lapiez de la muraille qui sépare les fiefs bernois et valaisans. Sur l’échiquier des Alpes valaisannes, le Wildhorn ne saurait être un roi, bien que fort et ample : une tour peut-être, qui surveille les têtes couronnées qui lui font face, au sud ?

Puis la Grande Lui, avec Marie-Claude, rescapée de l’avalanche du Lauenenhorn. Pour se remettre en confiance, le fond du val Ferret, bien que ponctué du charmant village de la Fouly, est plutôt impressionnant : les pentes plongent sans retenue, les avalanches purgent les couloirs et bâtissent des cônes démesurés dans le fond du vallon, le granit montre les dents, et les glaciers en suspens défient la gravité avec une stupéfiante légèreté. Mais le en regardant vers le sud, le Val Ferret prend un air rêveur et doux, car il nous promet l’Italie. Les loups l’ont choisi pour passer en Suisse…On aurait bien tort d’oublier le maître des lieux, caché au fond de sa baie glaciaire : le Dolent. Si le Wildhorn est la tour, le Dolent est le fou. Pointu et insolent.

Grande Cariçaie et bisbilles politiques

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 18:58

Mercredi je suis allée prêter main forte aux collègues devant le grand conseil de Fribourg. On voulait rendre les députés attentifs au fait que les associations de protection de la nature n’étaient pas d’accord avec un projet de contrat-nature, c’est-à-dire un système permettant de légaliser des maisons de vacances installées dans les réserves naturelles du Lac de Neuchâtel. Ambiance bon enfant autour d’un café-croissants, qui nous nous a permis de papoter un peu sur le sujet avec les députés. Quelle ne fut pas ma stupeur d’entendre à plusieurs reprises : « Mais on croyait que vous étiez d’accord avec ces contrats… ». J’ai bien reconnu la griffe de Mister Beat Volanthen, le conseiller d’Etat qui défend les intérêts privés de quelques privilégiés propriétaires de chalets de vacances au lieu de faire son boulot. Toujours à brouiller les pistes, entre chantage et solutions « win-win » à la noix, il a réussi à semer
la confusion. Consolation : selon mes sources, le grand conseil a froncé le sourcil, même si les dés sont jetés…ou presque : on attend le vote du grand conseil vaudois. Ce serait magnifique si les vaudois refusaient ces contrats. Ce serait même jubilatoire !
Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot non plus…

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