Blog de Catherine

18.03.2007

Le vitriol du jour

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 18:55

En Suisse nous avons des énergies fossiles : le parti radical et économiesuisse.

Silence de bloggeuse

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 18:54

Comment il fait, Monsieur Leuenberger pour vouloir tenir un blog ? et surtout que va-t-il nous raconter comme potins s’il ne veut pas se mettre à dos ses collègues ? Nous fera-t-il part de ses comparaisons entre le dernier veston de M. Blocher et le blazer de Mme Calmy-Rey? Fricottements croustillants dans la salle des pas perdus ? ou alors va-t-il nous décrire le charme des yeux profonds de Mme Leuthard ? Suis curieuse de voir ce qu’on va y apprendre…En tout cas, moi, sans être conseillère fédérale, j’ai du mal à suivre. Vous connaissez le bric-à-brac d’un appartement en foutoir, lorsque vous rentrez le soir, les pannes de jus de la descendance qui crève de faim mais ne fait rien pour y remédier elle-même, le hululement des mails auxquels je n’ai pas pu répondre depuis trois jours, ligotée dans des séances ou prise d’assaut par des « je peux vite te parler un moment ? » ou les téléphones…Cette fois, c’est le blog qui a crié le plus fort. J’arrive, j’arrive, avec quelques nouvelles….

19.02.2007

Montagne de rêve, montagne de cauchemar

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 19:12

Un reste de neige, si ténu soit-il, me sort de ma tanière jeudi soir. Sous un ciel de nuit éblouissant d’étoiles, je suis montée à ski à la Berra. Entre les sapins noirs, Orion et les Pléiades se causaient silencieusement. Oh je sais bien qu’il n’y a personne là-haut, néammoins, dans ces instants-là, je n’oublie jamais que nous sommes les enfants des étoiles…par la force chimique des choses.

Samedi, visite à l’Albristhorn, qui se donnait des allures de prince d’hiver malgré les avancées sournoises d’un printemps trop précoce, droit sous ses pieds. Un foehn épais comme un sirop me brûlait les poumons. Seules quelques plaques de glace un peu traitresses m’ont fait patiner sous le col, sinon les pentes étaient encore somptueuses et belles à skier. Au sommet, la vue était large, et on entendait fondre toutes les neiges de la montagne, qui luisaient de sueur sous le soleil de ce février fou…

Dimanche: en face de l’Albirsthorn, de l’autre côté de la vallée, il y a comme un dinosaure blanc à la longue échine tranquille: le Wistätthorn. C’est là que nous avons choisi de randonner sans stress, Isabelle et moi. La crête sommitale, ondulée et blanche, s’étire sous le ciel et domine des vallons perdus, traversés de ruisseaux silencieux et méandreux. Au sommet, nous faisant face et nous regardant droit dans les yeux, le Lauenenhorn et sa suite, le Gifferspitz . Quelques bienheureux y ont brodé des traces dans la face est. On papote: il y a de belles pentes à presque 40 degrés sur la face nord de ce Lauenenhorn…le vent l’a pelé et re-pelé cet hiver…

De retour à la maison, je rencontre mon voisin. Il  a une énorme montagne à nous raconter: samedi, il y était au Lauenenhorn. Avec 8 autres personnes du club alpin. Eh bien…ils ont décroché une monstrueuse plaque à vent, large de 150 mètres. 5 personnes ont été balayées par l’avalanche, dont trois complètement ensevelies. Ma copine Marie-Claude a failli y rester, tout comme Hubert, qui était déjà pratiquement asphyxié lorsqu’on l’a sorti. L’image de ces amis et copains de montagne enfouis sous la neige, si proches de la mort, m’a bouleversée. Je ne peux que tirer mon chapeau à mon voisin Christophe, et à Marc, qui n’ont pas perdu le nord, et les ont dégagé avec une incroyable efficacité.

En montagne le rêve n’est parfois séparé du cauchemar que par le souffle du vent…

15.02.2007

Monsieur Fournier fait de l’écologie chrétienne

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 9:12

Monsieur Fournier, Jean-René, conseiller d’Etat valaisan, alias Rambo, s’est acharné à massacrer un loup décembre dernier. En toute illégalité. Ce Monsieur a récemment affirmé: “je fais de l’écologie chrétienne”. Va-t-on voir désormais des loups empaillés souffrir aux côté des christs crucifiés dans les églises?

17.01.2007

Ohé, la neige??

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 23:06

Jusqu’à maintenant, j’ai fait la courageuse. Raisonnable mais résignée (quand même), je me persuade que même sans neige on peut passer un bon hiver. C’est plus écolo…On ressort le vélo. On va marcher en montagne. Faudra bien s’y habituer… 

Ben non…Je ne m’y habitue pas…j’aime trop aller rôder en hiver skis aux pieds, dans les lumières transparentes des jours froids, quand la neige s’étale sur les sapins (un must…) Un hiver sans neige, tout est gris…la fatigue de printemps durera-t-elle deux fois plus longtemps ? 

Dans une telle situation, la moindre petite rando à ski se transforme en bonheur total. J’ai atterri samedi passé à Lauenen, paraît qu’il y avait de la neige là-bas. Un coin où je ne vais pas souvent. Joie, il y en avait de la neige, nous avons pu partir skis aux pieds depuis le village ! (Fallait choisir le versant…).

Après avoir bataillé dans une ravine « Tarzan » (ma lecture de carte était un peu approximative…) on a rejoint une belle épaule qui venait mourir en splendeur contre l’imposant massif de l’Arpelistock. Depuis notre modeste colline, vernie de glace et sculptée de petites congères, je suis restée là à béer d’admiration devant ces monuments de roche plissée et de lapiez désolés. Les sommets s’élèvent comme des clameurs de calcaire restées suspendues dans leur mouvement.

Silence, soleil, puis descente SANS CARTON ni CAILLOUX du côté Gsteig. Remontée puis descente plus que trop bien côté Lauenen. On a croisé des masses d’air froid et d’air chaud qui se côtoyaient sans se mélanger. J’étais aussi euphorique qu’après un haut sommet, je ne m’attendais tellement pas à ces belles conditions et ce panorama éclatant… 

Cette petite chaîne de collines, qui s’avance tel un orteil allongé de l’Arpelistock, c’est la Walliserwispiele.  Bon, la neige, tu nous manques…

22.12.2006

Intégration en chantant

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 0:08

Approche de Noël, spectacles de classe, chants…un projet d’école tout à fait classique à Fribourg. Classique ? Voire…Ma Kim de 9 ans chante depuis des mois et à la maison, on connaît bientôt son répertoire par cœur. Elle est excitée comme une puce, le spectacle de Noël aura lieu à l’église Saint-Michel, haut-lieu catholique et traditionnel Fribourgeois. On n’est pas abonnés à l’église mais ça ne fait rien. Ça en jette toujours de chanter dans une église. Le jour J, je pique un sprint à travers Genève, m’écroule en nage dans le train que je ne voulais ni ne devais rater. Me suis dit que pour quelques chants de Noël…fallait-il vraiment que je me mette dans un état pareil ? Une fois au calme, je lis l’Hebdo, avec ses articles sur l’intégration et les problèmes d’une société multiculturelle. Je découvre aussi que l’histoire des musulmans qui demandent qu’on bannisse le sapin de Noël est fausse. Un lamentable ragot… 

Il fait nuit lorsque j’arrive à Fribourg. L’Eglise Saint-Michel éclaire de son vitrail rond la cour et les bâtisses noires alentour. Ambiance très traditionnelle médiévale fribourgeoise. A l’intérieur, c’est une joyeuse foire : un orchestre classique, une batterie et une kyrielle d’enfants aux foulards colorés qui s’installent sur les gradins. Puis la répétition générale commence. Première intégration réussie : les bambins et l’orchestre s’entendent bien. On n’a pas lésiné sur l’accompagnement du chœur, l’effet est sympa. 

En regardant autour de moi, je vois plusieurs femmes portant le foulard sur la tête. L’une d’entre brandit un petit appareil de photo numérique pour immortaliser son enfant comme n’importe quelle autre maman. Elles avaient l’air contentes, comme tout le monde. Un pas de plus vers l’intégration ?  Dans le chœur des bambins, il y a des Zoé, Birkan, Laurianne, Arnaud, Bahar, José Carlos, Valentin, Mara, Luftim, Ahmed et d’autres. Dans une église on ne peut plus catholique, ils ont chanté à pleins poumons avec la plus belle des énergies. Tout simplement. C’était cool. Bravo les instits et les musiciens !

16.12.2006

Du glacier à la saulaie…

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 12:43

ça y est! on a fini notre livre. Il s’appelle “Du glacier à la saulaie, zones alluviales de Suisse romande”. J’en suis toute fière, car non seulement il est magnifique, mais aussi parce que c’est le résultat d’un super travail d’équipe. Et le résultat me plaît. On y présente quinze portraits de rivières tout près de chez nous, encore sauvages, encore naturelles, dont les crues remodèlent année après année la physionomie. Quinze refuges riches de végétation et de faune extraordinairement variées. De jolis noms: Tsanfleuron, Neirigue, Lomenne, Allondon, Derborence, Aubonne…doux et chantants, qui accompagnent bien ces rivières.

L’équipe?

Stéphane Cuennet à la plume. Ce projet l’a motivé à se mettre à son compte! Il a, je crois, eu le plaisir de pouvoir ” se lâcher” sur un sujet aussi passionnant. Il raconte en petits tableaux vivants et originaux ce que sont ces zones alluviales. On vit ses découvertes à travers ses mots.

Maurice Robadey, le rêveur redoutable, derrière l’appareil de photo. Il a rassemblé toutes ses formidables forces derrière ce projet, pour aller chercher des lumières, des images grandes comme la vie, des ambiances sauvages. Même dans notre petite Suisse si minuscule. Avec lui, tout devient magique et magnifique. Parti sur sa lancée, Maurice a tiré le peloton en avant, et mis le livre en scène et en pages.

Jean-Marc Besson, qui en quelques traits de crayon, nous a tiré les portraits du gypaète, du castor, de l’écrevisse ou de l’apron. Ses dessins aériens se marient à merveille aux photos.

Lucie Dupertuis, stagiaire au WWF, qui a assuré un contact permanent avec tout le monde, alors que je disparaissais sous les séances pendant l’automne et passais la moitiée de mon temps dans le train. Elle a judicieusement saupoudré le travail de son grain de sel et j’ai bien profité de son jeune regard pour faire évoluer le concept du livre. Elle était la gardienne de la rigueur scientifique et a pondu un chapitre ardu sur le cadre légal et les réparation aux atteintes des rivières abîmées.

Nicolas Junod, éditeur à Genève. Il nous a apporté expérience du livre, conseillé sur le contenu, guidés lorsque les choses devenaient de plus en plus concrètes. Il a cru en ce projet et il nous a portés en avant et donné le courage de nous lancer.

Moi? j’ai eu l’idée, l’envie, d’un livre qui suscite de nouvelles passions pour ces zones alluviales. Je voulais que les gens les découvrent, s’y attachent et veillent sur elles. C’est dans cet esprit que j’ai fait l’esquisse du livre. Puis j’ai laissé chacun apporter sa créativité dans le canevas que j’avais imaginé. Passionnante expérience…

Enfin, lors du lancement du livre le 15 décembre à Fribourg, j’ai découvert une nouvelle équipe de supporters: les libraires de Payot Fribourg, qui nous ont accueillis et chouchoutés pendant la séance de dédicace. C’était grâce au fameux réseau “Robadey”…

Sans amitié, passion, imagination et coopération, on n’y serait jamais arrivés.

Allez donc acheter ce livre. A Fribourg, on le trouve chez Payot, on peut le commander au WWF à Vernier (www.wwf.ch), sinon les Editions Nicolas Junod à Genève vous renseigneront

 où le trouver ailleurs en Suisse romande.

Ce n’est pas que le WWF ait besoin d’argent. On aimerait juste que vous ayiez envie d’aller dehors, voir comme c’est beau tout près de chez nous…

(Voir aussi: http://www.mair.ch/zalbook.htm)

25.09.2006

Corse:hasard et coincidence

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 23:40

Ce petit voyage organisé par deux jeunes guides-écureuils nous a permis d’escalader une voie magnifique qui s’appelle le Dos d’éléphant. Je vous passe les détails techniques et l’état des pieds le lendemain, sachez seulement qu’après une approche « à fleur de peau » dans un maquis « arborescent » féroce parsemé de cairns paumatoires, ce fut une expérience granitique fabuleuse.

 Le lendemain soir, alors que nos compagnons repartaient vers le continent, nous nous sommes arrêtés dans une petite auberge du col de Bavella. Peu de monde, la télévision en marche, mais un accueil vraiment sympa. Parmi les hôtes, un monsieur déjà âgé accompagné d’un jeune à la chevelure de viking finissaient leur souper. Le monsieur lie la conversation, on apprend qu’il est guide à la retraite et qu’il vient d’Argentière. Il nous confie : « J’ai toujours rêvé de faire le Dos d’éléphant, mais je suis trop vieux maintenant…vous connaissez ? » Nous : « Justement, on y était hier » Monsieur : « Ah c’était vous ? on vous a observés à la jumelle toute l’après-midi ». Il a pu nous décrire la couleur de nos casques et de nos T-shirts « il y en a même un qui grimpait torse nu, il a dû cramer » fait-il avec un petit rire…

En fait, le monsieur n’était autre que Roland Ravanel, qui a ouvert de nombreuses voies dans le massif des Aiguilles rouges de Chamonix, un de nos terrains de jeu préférés. Son compagnon est photographe. Il a bondi chercher son portable, nous a montré les photos du Dos d’éléphant qu’il avait prises et en agrandissant un peu…nous voilà dessus, petites caravanes de fourmis amoureuses de granit et d’une belle île…

Cath en Corse, septembre

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 23:32

Deuxième escapade en Corse cette année ! Une semaine « à l’arraché », comme d’habitude, pour aller grimper cette fois. Impressions de ce début d’automne.

Bavella

Au col de Bavella, le ciel est une lumière, sereine, transparente et lavée de tous les péchés du monde. Baignés dans cette clarté, les troncs des pins luisent, argentés. Droits et hirsutes, ils brossent le ciel…. Ici, le vent décoiffe même le granit.

Tafoni

Le tafoni est une spécialité corse : le vent et les embruns salés creusent trous, alvéoles et cavités dans le granit. En grimpant dans ces tafonis, on se trouve au cœur d’un monde fantasmagorique de roche sculptée, rongée, trouée. Parfois c’est un vrai bestiaire de granit que l’on traverse : gargouilles, groins, têtes de canard ou de dodos, becs de rapaces, omoplates ou hanches de pierre. Ailleurs, ce sont des alvéoles couleur de miel, narines de monstres ou orbites creuses…selon l’humeur ou l’ensoleillement. Certaines tours sont si creusées qu’on les croirait égorgées par quelque tyrannosaure qui se serait enfui en emportant une large morse de granit dans sa mâchoire. Au fond de la blessure béante, le vent revient avec son burin creuser de nouvelles alvéoles. En grimpant, j’ai découvert le pot aux roses : un bouquet de cyclamens sauvages installé dans un minuscule tafoni… 

Aiguilles de Bavella

Un peuple silencieux de tours rocheuses qui accrochent les nuages et le soleil. Au crépuscule, on dirait un large groupe de manchots qui conversent en chuchotant.

27.08.2006

Biodiversité fribourgeoise et les jardins d’Aladin

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 18:44

Passer un mois d’août aussi pourri que celui-ci demande une bonne dose de zénitude: pendant les week-ends systématiquement mouillés, les alpinistes frustrés tournent en rond l’oreille vissée aux prévisions météo. La biodiversité (animale) des forêts fribourgeoises semble se réduire à une foule omniprésente de limaces fluorescentes. Mes footings sont donc agrémentés de ces présences visqueuses et même une tique a choisi de me tenir compagnie (c’est bête une tique, ça se fourre la tête dans votre mollet et oublie le reste du monde. On devrait dire têtu comme une tique!).

De mes instants volés et entre deux ondées, j’ai retenu pour vous:

Un soleil d’août farceur qui allume les épilobes dans les clairières du Schwyberg après des torrents de pluie. Farceur parce qu’il nous avait fait croire quelques instants plus tôt qu’on était en novembre.

Une lisière étagée à l’orée des bois de Bourguillon. Un frou-frou de jeunes érables et hêtres, fardés par les grappes rouges des sorbiers, qui m’accueille au sortir de l’ombre des épiceas.

Kim a découvert les jardins d’Aladin…à la Berra. Sur l’arête nord, ce dimanche zébré de pluie et crépi de boue, nous sommes entrées sur la pointe des pieds dans un monde de myrtillers, rhododendrons, et prêles, petits sapins, rosiers sauvages et herbes jaunies. Silence ouaté, monde des oiseaux, il y a toutes les ombres de verts. Le sentier est à peine visible. Même si les génies de la Berra faisaient la sieste sous les taillis, leurs jardins ont émerveillé ma pitchoune avec leurs moutonnements légers…

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