Blog de Catherine

11.09.2007

Chamoniardises

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 22:58

Dimanche,  je suis sortie en montagne avec une copine. On avait repéré dans les Aiguilles rouges de Chamonix une petite voie pas difficile, la face Est de l’arête des Crochues. Du 4, bon rocher, fissures commodes, granit de chez granit. Au sortir de la petite face, on terminerait par la traversée de l’arête des Crochues pour revenir par le Lac Blanc.

Départ des Praz sous un ciel hallucinant de transparence. Moi les neurones en compote à cause des nuits agitées de ces derniers temps (soucis au travail+appréhensions pré-montagnardes = insomnie assurée). Des contrastes lumineux, ocres et bleus. Une pureté des ombres et des lumières à couper le souffle. Nous partons vers l’attaque d’un bon pas, pour nous faire rattraper en trombe par un train de jeunes, menés par deux guides, qui se sont dirigés droit sur notre petite voie convoitée, nous expédiant au passage un magnifique bloc de rocher.

Pas rancunières, et nous doutant bien qu’ils étaient en super forme, nous avons décidé d’attendre derrière eux pour pouvoir escalader tranquillement la facette. Ce qui nous a quand même valu une heure et demie de retard: bouchon sur la voie. Lorsqu’enfin le bouchon s’est dissous, à nous la belle fissure, le magnifique dièdre!… jusqu’à la dernière longueur. Et là…la cause du bouchon s’est rapidement imposée à mes avants-bras: le pas de 4b était étrangement costaud. Essayé pas pu. Oh, je sais bien que je n’ai plus beaucoup le temps de grimper mais quand même!!!

Situation bloquée, que faire? Ma copine me propose d’essayer, trouve aussi drôlement dur. Ne pas paniquer, réfléchir. Quelles sont les options?

Mes lectures m’ont fourni la solution: “appuie-toi sur mes épaules” je lui fais, en lui expliquant que des générations de Chamoniards ont surmonté les pires fissures en se faisant la courte échelle! Et c’est comme ça qu’on s’est dépatouillées et qu’on a terminé notre course. Le système D, quoi!

03.09.2007

La rentrée: politique, écoquartiers et…la Sarine

Classé dans : Nouvelles du front — Catherine Martinson @ 23:00

La rentrée a démarré sur les chapeaux de roue: préparation des élections, récoltes de signatures (initiative en faveur du climat et initiative pour le paysage ), nous avons organisé une conférence de presse sur les quartiers durables. Françoise vit jour et nuit pour que de tels projets voient le jour à Genève. C’est complexe, innovant et passionnant. En gros, on veut créer des quartiers pour que les gens puisse vivre de manière écologique sans se casser la tête dans un cadre agréable et convivial. Ce qui veut dire qu’il faut tout concevoir dès le départ pour que ce soit possible.

Et puis, le crève-coeur: j’apprends par la presse que la Sarine, cette rivière-princesse émeraude qui arrose le canton de Fribourg, est polluée aux PCB. Les analyses ont révélé des concentrations très élevées dans les tissus des poissons prélevés dans la rivière. Une des causes de cette pollution semble être une vieille décharge en bordure d’une grosse décharge encore en exploitation. Posée sur une falaise dominant la Sarine, ce site accueillait semble-t-il toute sortes de déchets à l’époque où les lois n’existaient pas. Aujourd’hui le site est innocemment boisé. Et les poissons désertent la Sarine.

Que faire? mes craintes sont doubles: qu’on néglige de vérifier s’il y a d’autres sources et que, étant donné qu’ il y a prescription, et donc qu’on ne trouve pas de pollueurs à faire passer à la caisse, que le canton traîne les pieds et minimise l’affaire: en effet, il s’agirait de vider une décharge de 220′000 m3 et d’incinérer correctement les déchets problématiques. Qui veut payer pour cela, alors qu’il suffit d’interdire le cours d’eau à la pêche?

Je veux suivre cette histoire. Je souhaite que nous soyions nombreux à réclamer les soins nécessaires à la décontamination de la Sarine. On ne peut pas laisser mourir les rivières comme ça…

Soir d’août

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 9:17

J’ai 10 jours de vélo à raconter, Berlin-Coppenhague, une aventure à travers champs et lacs, deux  villes magiques…Je vais le faire tout prochainement et en attendant, voici un petit billet de calme avant la tempête électorale.

Après un dimanche chaud et cotonneux, confinée à la maison avec un gamin malade, je sors vers 6 heures du soir sur mon vélo, direction la Glâne. La lourdeur brumeuse de l’après-midi fond sans crier gare sous les rayons d’un soleil oblique, qui a décidé soudainement de changer d’éclairage. Rasant les prés et les champs, la lumière fantasque prend par surprise de nouveaux tons de vert, et dans le ciel, des lambeaux de bleu brillant. Je m’appaise en filant sous les ramures des chênes. L’air sent la prune, le feu de bois; appels d’oiseaux et rires d’enfants dans les jardins. Le soir est suspendu comme une cloche solitaire entre l’été et l’automne

21.07.2007

Castors de la Broye

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 10:34

Je ne peux m’empêcher de vous montrer les castors de la Broye qui se portent à merveille: d’abord parce qu’ils sont magnifiques, et ensuite pour féliciter Maurice, le subtil photographe qui a illustré le livre ”Du glacier à la saulaie”, pour sa patience (combien de nuits as-tu passées dehors, Maurice?) et son talent. Je trouve ses photos géniales, allez les admirer! castors

Je retourne à mes bagages, et à bientôt pour le récit de nos aventures entre Berlin et Coppenhague!

Ecologie et JC Cornu

Classé dans : Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 10:23

Ici, on prépare notre départ pour Berlin. 6 sacoches et 2 charettes à charger, 6 vélos à préparer, le bazar partout. Et pourtant, l’adhésion de Jean-Claude Cornu à Ecologie Libérale me turlupine tellement qu’il faut que j’écrive que tous mes signaux d’alarme sont sur rouge.

Ce n’est juste pas possible que M. Cornu soit sincère, quoiqu’on en a vu plus d’un évoluer tardivement vers une prise de conscience des problèmes écologiques. ça ne cadre pas avec le personnage. J’ai eu l’occasion de le côtoyer dans le cadre de certains dossiers (notamment celui de la décharge des Montets) et j’ai observé comment il traite les affaires; en temps que préfet, il devait garantir un certain ordre et respect des lois. Or, il louvoie, s’arrange pour que les choses se fassent d’une manière ou une autre, et surtout pour que les amis et les relations soient satisfaites. Les autres personnes, il les embrouille, les endort, ou les tourne en ridicule.

Ses positions, lorsqu’il siégeait à Berne, étaient pour le nucléaire, contre le droit de recours et pour les OGM. On ne change pas comme ça d’un coup de baguette magique…

Non, je n’y crois pas. C’est du pur électoralisme. D’ailleurs, lorsqu’il s’épanche dans la Liberté, ses motivations restent vagues: on dirait qu’il cherche à se distraire (la politique de droite manque de piquant…), il trouve “intéressant”, mais c’est tout…Ce n’est pas une personne de conviction, ni d’engagement Ce n’est donc pas parce qu’il se pare de vert qu’il devient soudain éligible!

05.07.2007

Opinions biodiverses

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 9:28

Il y a quelques jours,  nous avons fêté les 20 ans de d’engagement au WWF de Françoise, ma collègue et amie du WWF Genève. Réception-garden party dans les jolis jardins aux herbes folles du WWF à Vernier. Plein de monde est venu partager ce moment, Philippe Roch et Claude Martin, les pionniers du WWF, le facétieux et brillant Robert Cramer, qui faisait partie de l’équipe des compères écolos du début.

Puis discussions, le verre à la main, papotages et rires. Quelqu’un me dit:

- Mais qu’est ce que vous foutez à vouloir protéger le loup à tout prix? on n’en a pas besoin, du loup, et puis, il y en a assez. C’est un sujet polémique qui ne vous fait pas du bien.

Cath: ??? euh, c’est à dire… (vraiment prise de court!!!)

Quelqu’un (déjà un peu pompette): oui, moi je trouve que ce sont les papillons qui font la biodiversité. J’essaie d’avoir des papillons dans mon jardin, le loup je m’en fous

Cath(de plus en plus baba): Mais ça fait justement partie d’un tout, dans la pyramide de la chaîne alimentaire, il y a des prédateurs…

Autre quelqu’un: ouais, ça n’a aucun sens, ce travail sur le loup, il faudrait mieux protéger les niveaux trophiques inférieurs, c’est plus important pour garantir la biodiversité.

Moi, m’imaginant coller des affiches où c’est écrit: le WWF s’engage pour la protection des vers de terre: Mais ça n’intéresse personne!

(voyez un peu ce que ça donnerait:lombric.jpg il faudrait, pour les âmes sensibles avoir plutôt une image comme ça: lombricbd.jpg)

Mais, sachez-le, j’y ai pensé, à un truc comme ça. Alors que je m’arrachais les cheveux devant un étalage de poissons sur lequel il n’y avait que des espèces menacées, je me suis imaginé une campagne du style: “Adoptez un hareng” ou “Sauvez les morues” , ça me plairaît bien, ça, ce serait parler vrai, la biodiversité, ça n’est pas forcément sexy, ça grouille, ça bouffe, ça fait des petits, c’est gluant, à pattes, à tentacules, poison, affreux aussi bien que majestueux, duveteux, plumeux, coloré ou puissant. Le hic, c’est que sans les uns, il ne peut y avoir les autres…

morue2.jpg

21.06.2007

Orage

Classé dans : De tout et de rien — Catherine Martinson @ 8:37

Ce matin peu après 7h30, la nuit retombe. Comme un froncement de sourcils. Une couche de nuages noirs glisse à tout allure au dessus de la ville, la cime des arbres s’affole. Comme dans le Seigneur des anneaux lorsque Sauron s’approche. Comme dans le Mississippi lorsque les tornades se préparent. Un grondement au loin, malgré la température plus fraîche, l’orage bataille.

Puis soudain, tout devient laiteux dans un grand chuintement: la pluie s’abat en rideaux serrés  et les toits se liquéfient instantanément. Tout arrive si brusquement…ce sont les orages cuvée 21ème siècle, bizarres, fantasques, brutaux.

20.06.2007

Oh, les Verts suisses, du calme

Classé dans : L'écolo, elle en pense quoi?, Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 8:24

L’actualité politique suisse n’est pas brillante, surtout pour ceux que l’avenir de la planète, l’état de droit et les droits humains préoccupent. Electoralisme oblige…

Le conseiller fédéral Blocher continue son travail de sape et dernièrement en rajoute une couche en tapant sur l’épaule des chasseurs en disant que ce sont eux les écolos, et qu’il faut descendre les lynx (la nature doit être gérée) qui se balladent actuellement dans les Préalpes. Quand je vous disais que le racisme n’est pas loin de la haine contre les prédateurs…

Le conseil fédéral s’emmêle les pinceaux dans le message le plus hilarant qu’il n’a jamais publié pour recommander d’accepter l’initiative radicale pour supprimer le droit de recours des associations: en substance, le message de 16 pages dit que l’initiative est peu claire, que l’application concrète est encore totalement floue et incertaine et qu’il faudra engager des fonctionnaires supplémentaires pour faire le travail qui était jusque là fourni par les associations, qu’il faudra renoncer à signer la convention d’Aarhus, qui prévoit que les citoyens aient accès aux informations concernant les impacts écologiques de tel ou tel projet. Mais malgré tout, hourra, pour plus de croissance en  Suisse (!!!) il faut accepter de supprimer ce droit. Sans rire. Le conseil fédéral se paie notre tête et ce message est le signe soit d’une incompétence manifeste, soit d’un noyautage complet par l’extrême droite .

Mais tout cela, je m’y attendais. Avec un certain fatalisme. Ce qui m’a fait bondir ce matin, ce sont les élucubrations de Ruth Genner, présidente des Verts Suisses, à la radio. Pourtant, je place mes espoirs dans un parti vert qui pourrait influencer de manière plus pragmatique l’écologie en Suisse. Eh bien les voilà qui s’étripent en public au sujet d’une candidature qui va faire de l’ombre à plus d’un: celle du formidable Daniel Brélaz, qui a l’affront de prétendre à un siège au national tout en gardant la syndicature de Lausanne.

Mais bon sang, un peu de panache, les Verts! acceptez qu’il y ait des personnes hors normes et présentez-nous plutôt une vision, un projet et un avenir qui nous fasse bouger, tirez le monde en avant! sauvez la planète! ne tombez pas dans ce stupide électoralisme aux accents de féminisme mal placé et pis encore, qui risque de déraper dans un rösti graben dont vous n’avez que faire! Allez, faites nous rêver un peu! Ne nous lâchez pas déjà maintenant…

25.05.2007

Droit de recours - le gag de la semaine

Classé dans : Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 15:30

C’est vraiment amusant. J’ai découvert le blog de Philippe Nanternod, “apprenti politicien” (comme il se décrit lui-même) du parti radical valaisan et artisan actif de l’initiative pour la suppression du droit  de recours.

Le seul exemple qu’il cite dans son texte expliquant pourquoi il faut supprimer ce droit, c’est l’exemple de Galmiz.

Or, il n’y a jamais eu de recours à Galmiz…le projet s’est écroulé pour d’autres raisons.

Cet apprenti a encore beaucoup à apprendre…

23.05.2007

L’écologie, désinformation et électoralisme

Classé dans : L'écolo, elle en pense quoi?, Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 23:47

Les périodes électorales sont riches en bêtises, pugilats, battements de paupières vertueusement écologiques et coups tordus. Cette année, tous les partis  se tournent vers l’écologie (sauf l’UDC) pour fleurir les discours électoraux: il est de bon ton de verdir son blason, de montrer patte verte et de prendre au sérieux les problèmes qui menacent la planète.

Mais il faut bien s’en rendre compte, le parti radical, soutenu par l’UDC  torpillent sans sourciller les maigres gardes-fou dont nous disposons pour protéger la nature en manipulant la désinformation à fleuret démoucheté. Non contents de nous agiter l’épouvantail d’une hypothétique pénurie d’électricité pour construire de nouvelles centrales nucléaires, les bourgeois s’acharnent sur le droit de recours des associations de protection de la nature. Poursuivant leur tactique de désinformation, ces Savonaroles du néo-liobéralisme nous prédisent les pires catastrophes économiques prêchant à qui veut les entendre que le droit de recours, baguette magique malfaisante aux mains d’irresponsables rêveurs, limite la croissance économique. Les bûchers de l’Inquisition bourgeoise sont allumés, les radicaux fanatiques ont lancé leur initiative pour supprimer le droit de recours - pour plus de croissance.

En substance, cette initiative dit: dès qu’un projet est accepté par votation par une assemblée législative quelconque (parlement cantonal, assemblée communale), ce projet ne peut plus être contesté juridiquement, même s’il est illégal. Par exemple: si la commune de Veysonnaz vote la construction d’un centre thermo-ludique au milieu du vallon de Réchy, il n’y aura plus personne pour faire valoir qu’un truc de ce genre n’a légalement rien à faire dans un vallon protégé.

Le conseil fédéral y est allé de sa pirouette, en recommandant d’accepter cette initiative alors qu’il en avait explicitement proposé le rejet. Qui a poussé les marionnettes pour les pirouettes? les bourgeois, bien sûr. Pourquoi? élections obligent. Les caciques du parti radical ne pouvaient laisser leur parti s’engluer dans une initiative sans les soutenir, quitte à trahir tout bon sens. Et l’UDC, tout content de pouvoir encore taper sur quelqu’un (Leuenberger), a largement suivi en se disant: c’est nous les hommes forts!

Alors écoutez-moi bien: si un politicien vous dit qu’il est soucieux d’écologie, que par conséquent il soutient la construction de centrales nucléaires parce qu’elles ne produisent pas de gaz à effet de serre et qu’il veut supprimer le droit de recours car la nature est suffisamment protégée comme ça, c’est certainement un radical ou un udc…et vous pouvez lui rire au nez. Son écologie à lui sert d’abord ses propres intérêts. A bon entendeur!

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