Blog de Catherine

13.07.2006

Bio diesel, benzine verte, et petites fleurs sur les pompes à essence

Filed under: L'écolo, elle en pense quoi? — Catherine Martinson @ 21:03

A la pompe à essence de la station Migrol, on se sent rassuré: on remplit le réservoir de sa voiture avec un mélange qui sent bon ou presque…qui s’appelle biodiesel, comme l’indique une étiquette verte avec une fleur. J’ai failli avoir « bonne » conscience avant de me dire mais non! le biodiesel, ce n’est pas la solution miracle. Ici en Suisse, le mélange bio contient 5 % d’éthanol. C’est bien, mais pas de quoi fouetter un chat.

C’est encore un sujet aussi sinueux qu’un serpent de mer…on décortique le problème dans tous les sens au WWF, pour savoir si oui ou non on peut encourager cette solution. Bien sûr il y a plein d’études qui démontrent un écobilan positif. Je ne les ai personnellement pas encore étudiées, mais je reste fondamentalement sceptique:

D’abord, les vendeurs de pétrole et d’alcool ont trouvé leur créneau bio! tant pis si les voitures restent surdimensionnées et que la consommation de carburants ne diminue pas alors qu’on a l’impression de rouler naturel.

Ensuite, il faut des surfaces énormes pour produire la matières première (colza, mais, betterave, etc). Donc retour à l’agriculture  intensive chez nous, et probablement destruction de nombreuses forêts et zones humides à l’étranger, où la production de soja (qui est la base d’une huile combustible) et de canne à sucre va exploser…pour que nous puissions rouler « bio ». Et commme tout ce qui est produit en Suisse est généralement trop cher pour être concurrentiel, on va importer des tonnes d’éthanol produit dans dieu sait quelles conditions, peut-être au détriment de la production de nourriture de certains pays.

Tout cela n’empêchera pas les Américains d’aller dévaster leurs territoires  en Alaska pour y extraire les dernières gouttes de pétrole, les canadiens d’éventrer leur terres pour extraire les hydrocarbures de leurs schistes bitumineux, le charbon de refaire surface…sans avoir même essayé d’économiser de l’énergie. On aura ainsi des impacts encore multipliés pour calmer nos fringales énergétiques.

Nous on s’est dit qu’il fallait déjà commencer par utiliser au maximum les déchets végétaux pour produire du gaz. D’ailleurs, l’entreprise Kompogaz fait ça très bien.  Revenir à des petites cylindrées, rouler malin. Se chauffer différemment (c’est déjà possible). Et ne produire des biocarburants qu’en appoint, en soignant les méthodes de productions, sans fracasser davantage les dernières zones naturelles.

Alors voilà…ce n’est pas parce que ça s’appelle bio, que ça arbore une étiquette avec une fleur, que c’est forcément meilleur pour l’environnement!

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