Blog de Catherine

27.08.2006

Biodiversité fribourgeoise et les jardins d’Aladin

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 18:44

Passer un mois d’août aussi pourri que celui-ci demande une bonne dose de zénitude: pendant les week-ends systématiquement mouillés, les alpinistes frustrés tournent en rond l’oreille vissée aux prévisions météo. La biodiversité (animale) des forêts fribourgeoises semble se réduire à une foule omniprésente de limaces fluorescentes. Mes footings sont donc agrémentés de ces présences visqueuses et même une tique a choisi de me tenir compagnie (c’est bête une tique, ça se fourre la tête dans votre mollet et oublie le reste du monde. On devrait dire têtu comme une tique!).

De mes instants volés et entre deux ondées, j’ai retenu pour vous:

Un soleil d’août farceur qui allume les épilobes dans les clairières du Schwyberg après des torrents de pluie. Farceur parce qu’il nous avait fait croire quelques instants plus tôt qu’on était en novembre.

Une lisière étagée à l’orée des bois de Bourguillon. Un frou-frou de jeunes érables et hêtres, fardés par les grappes rouges des sorbiers, qui m’accueille au sortir de l’ombre des épiceas.

Kim a découvert les jardins d’Aladin…à la Berra. Sur l’arête nord, ce dimanche zébré de pluie et crépi de boue, nous sommes entrées sur la pointe des pieds dans un monde de myrtillers, rhododendrons, et prêles, petits sapins, rosiers sauvages et herbes jaunies. Silence ouaté, monde des oiseaux, il y a toutes les ombres de verts. Le sentier est à peine visible. Même si les génies de la Berra faisaient la sieste sous les taillis, leurs jardins ont émerveillé ma pitchoune avec leurs moutonnements légers…

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21.08.2006

Les collègues français se marrent…

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 22:56

…n’empêche qu’ils ont de supers idées:

Allez voir les clips du WWF France sur le lien https://mail.wwf.ch/exchweb/bin/redir.asp?URL=http://www.wwf.fr/adoptonslaplaneteattitude/wmv/energie.wmv 

ou

http://adoptons-la-planete-attitude.wwf.fr/

j’adore!!

(Conjonctivite oblige, je fais court…)

10.08.2006

Le prix du pétrole et la joie des marchands d’or noir

Filed under: L'écolo, elle en pense quoi? — Catherine Martinson @ 18:56

Question à 10 barils: si je vous dis, le prix du pétrole augmente, qu’est-ce que vous répondez?

Le marchand de pétrole, le trader: « youpiii! »
Vous, qui partez en vacances: (soupir!) « jusqu’où cela ira-t-il? »
Le Banquier: « investissez, investissez! »
Le commerçant: « comment ça, elles sont trop chères mes tomates?!! »
Moi et l’écolo moyen: tant mieux, on consommera moins, donc moins de pollution, donc frein au réchauffement climatique, mieux pour la planète…

… j’ai eu tout faux!

J’ai reçu une magnifique brochure bleu ciel, avec de belles photos et tout, de la part de l’union pétrolière suisse. A sa lecture, et malgré le réchauffement climatique, j’ai eu froid dans le dos. Je m’explique:
d’un ton confiant, on nous assure qu’on a encore LARGEMENT assez de pétrole pour les 40 prochaines années, que seuls 35% du pétrole ont été extrait des gisements connus et que le fameux pic maximal des réserves (oil peak) n’est pas encore atteint.

Grâce au prix élevé du pétrole, on va pouvoir attaquer des réserves jusque là considérées comme peu rentables car l’extraction des hydrocarbures y est plus difficile: forages hyper-profonds, extraction des sables et schistes bitumineux, ainsi que du brut extra-lourd.

On y explique:

…que pour augmenter les taux d’extraction existants, on pourra injecter dans les forages des substances chimiques apparentées au savon (tensio-actifs et polymères, soude)

…que « face au niveau élevé des prix, l’extraction tertiaire au moyen de produits et procédés chimiques va fortement augmenter » (p.21)

…que « les sables asphaltiques sont exploités à ciel ouvert. Le bitume est extrait de la roche par l’apport de chaleur, d’eau et de solvants… » (p.23)

…que « l’obtention de pétrole à partir de schistes requiert des quantités importantes d’énergie et d’eau », l’énergie étant d’origine électrique, produite par…du charbon?

Ces hallucinantes descriptions ne laissent rien présager de bon pour les derniers territoires vierges de la planète, Alaska, Sibérie, Canada du nord et Russie. Encore plus renversant est le ton victorieux de la brochure et l’absence totale de considérations environnementales. Pas un mot sur le réchauffement climatique. Pas une virgule sur la pollution. Pas une apostrophe sur les économies d’énergie (pas fous, je sais).

Conclusion:

l’Union pétrolière suisse appelle un chat un chat, une vraie qualité selon moi: elle ne prétend pas faire du développement durable pour son marketing (oui je sais, elle n’en a pas besoin…énorme soupir)

Le mot de la fin:

Vélo. V .E .L. O. (vous connaissez??? )

08.08.2006

Mais où finissent les moutons de nos alpages ?

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 14:39

J’ai beau être écolo, je ne suis pas végétarienne (je dis ça parce que pour beaucoup, les choses vont de pair). Je ne suis pas très « viande rouge » mais ce que j’aime de temps en temps, c’est un bon morceau d’agneau. Las ! impossible de trouver un filet ou un rack d’agneau de provenance Suisse dans les grandes surfaces. Ni chez Coop, ni à la Migros, ni chez Manor, ni même chez le boucher du marché. Les morceaux de choix proviennent toujours de Nouvelle-Zélande. Seules les côtelettes proviennent d’agneaux suisses.

Et ça, ça m’énerve.

Pour deux raisons : Comme je veux diminuer ma consommation d’énergie globale, j’achète plutôt des aliments de saison et des produits qui n’ont pas traversé la moitié de la terre avant d’arriver dans mes casseroles. Autant que je sache, les moutons ne font pas partie d’une race exotique introuvable dans l’hémisphère nord. Pas comme les ananas, quoi… Donc aucune raison de ne pas trouver (et manger) de filets suisses ! 

ça m’énerve aussi parce que chaque fois qu’un prédateur pointe son museau dans les Alpes, c’est comme si le ciel tombait sur la Suisse : ben oui! ces loups, ces lynx et ces ours mangent NOS moutons et menacent de jeter les agriculteurs sur la paille. Tollés, motions, menaces. On sort les fusils, on écrit des plans de gestion, on bataille sur des subventions…Le dernier plan de gestion vient d’ailleurs de sortir (27 juillet), il règle le sort des ours qui se montrent trop entreprenants. Nos agneaux sont donc bien protégés.

Bon, je veux bien, mais alors, où est-ce que je l’achète, ce filet d’agneau suisse ?

Ah! je pige! Les loups ne nous laissent que les côtelettes…

02.08.2006

Cath en Corse: dialogues

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 12:26

Dialogues corses

Le corse est plein d’humour, de nonchalance et de fantaisie. La frontière entre le conte et le réel n’existe pas. On a de la peine à croire que les guerres de clans ont ravagé l’île au siècle dernier et que les pains de plastic font toujours partie du dialogue corse. Pour en savoir plus: l’Enquête Corse de Pétillon ou Astérix en Corse.

Dialogue avec le guide Quilici.

Jean-Paul Quilici, c’est le premier guide corse. Nous avons fait connaissance l’année passée et il nous a emmenés grimper sur du granit superbe et des tafonis de rêve. Face ronde sous un foulard flamboyant noué à la corse, ses yeux restent perçants contrastent avec sa bonhommie fantaisiste. Cette année, je suis allée avec lui à la pointe de l’Oiseau dans le massif de Bavella. Petit extrait de conversation.

JP: tu vois cette face, là-bas, il y a un trou au milieu.(ce n’était pas le seul trou, mais je voyais plus ou moins de quoi il s’agissait)

Cath: oui? (la face me semblait bien lisse…et Jean Paul assure sans demi-noeud d’amarre!!)

JP: quand tu arrives à ce trou, tu y mets le jarret. Tu le fais bien rond, tu vois comme ça, et tu t’appuies dessus pour chercher la prise suivante. Tu me regardes?

Cath: (technique d’escalade intéressante, style tous les moyens sont bons) OK OK.

Il passe avec une belle agilité, il enfonce son jarret dans ce trou et disparaît plus haut. Quand j’arrive au passage, impossible d’y mettre le jarret, impossible de le faire bien rond. Je m’en sors en posant le pied sur le trou.

Au relais:

JP: alors, tu as fait ce que je t’ai dit, pour le trou?

CAth: ben… j’ai mis le pied dessus

JP: ah bon??? tu sais que c’est ma grand-mère qui a ouvert cette voie à 56 ans (ndlr: JP a 63 ans. Il y a peut-être 4 pitons sur toute la voie) C’est pour ça que j’appelle ce passage « le trou à mémé »!  La fiction se mêle alors à la réalité: ma grand-mère, elle est increvable, elle fait même du canyoning!

Je ne saurais jamais si il confondait sa mère et sa grand-mère ou si cette pétulante octogénaire est un personnage sorti de son répertoire d’histoires et de légendes…

Dialogue à l’épicerie

Un après-midi siesteux et chaud. Tranquille. Je passe à l’épicerie du camping acheter des fruits. Les deux jeunes filles qui assument le rôle des épicières bavardent entre elles.

L’une: dis, tu sais qu’ils ont posé une bombe chez X ce matin. Tout le village de Sainte Lucie était bloqué.

L’autre: X…celui en face de la boulangerie?

L’une: oui oui…un pain de plastic…ils ont pu le retirer à temps.

L’autre (sans la moindre appréhension): un jour ils vont l’avoir, ils ont déjà failli le tuer le mois dernier, de la chevrotine …

L’une: c’est vrai qu’il n’est pas du tout fréquentable…mais sa mère est adorable, vraiment adorable

J’écoute tout ça un peu abasourdie. Elles se tournent vers moi en souriant:

L’une: faut qu’on arrête, on va lui faire peur!

L’autre: ils se tapent dessus entre eux (c’est qui, eux?), nous on risque rien…

L’une: oui, ici c’est tranquille, vous pouvez laisser votre voiture ouverte, il n’arrivera rien. Moi quand je suis allée à Paris, j’étais morte de peur!

Je n’en saurai pas plus. Ici, à l’heure de la sieste, rien n’est grave…

Cath en Corse: le voyage

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 12:07

Figurez-vous que…oui! les écolos prennent des vacances. Je dois avouer que je n’ai pas atteint les rivages corses à pied et la nage mais en bus WW et en bateau. Dans le bus on est six plus du matos de camping et d’escalade, quelques paires de palmes et un couple de vélos qui passe le voyage accroché à l’arrière du bus.

Voyage 

Déjà rien que pendant le voyage,  on large les amarres cérébrales et on laisse son esprit flâner. J’aime admirer tout simplement la mer depuis le ferry qui nous amène de Marseille à Porto-Vecchio. On laisse le soleil se coucher, on scrute les vagues à la recherche de dauphins. Cath l’écolo n’est pourtant pas loin: on traverse le sanctuaire des cétacés situé dans un triangle entre la France, l’Italie et la Corse. Le WWF est d’ailleurs un des artisans de ce sanctuaire. Il n’est pas rare d’apercevoir des dauphins et les rorquals depuis le bateau. D’ailleurs au poste de pilotage, on surveille la mer pour éviter les collisions.

Le bleu de la mer devient métallique, le soleil rouge sang, la Méditerranée s’endort. Moi aussi. D’un sommeil de plomb.

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