Blog de Catherine

20.10.2006

Elections fribourgeoises (3): candidat Pascal Corminboeuf

Filed under: Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 11:28

Maintenant je comprends pourquoi M. Corminboeuf se méfie des ONG : le tout-ménage d’ACCUSA, association de protection des animaux n’y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu’il appelle à « boycotter » notre conseiller d’Etat ex-agriculteur…Je ne suis pas d’accord avec ce genre de pub. Je préfère vous raconter comment j’ai perçu M. Corminboeuf lorsque j’ai eu affaire à lui. Vous verrez ma conclusion. 

Pascal Corminboeuf pratique un art consommé : celui de brouiller les pistes. Ce qui fait de lui un redoutable politicien. Je crois qu’au fond de lui, il est sincèrement préoccupé par l’avenir de la planète, mais lorsqu’on est élu, la marge de manœuvre se réduit comme une peau de chagrin… Quand il vous écoute et qu’il vous parle, avec son langage tout simple, on est enthousiaste, on se sent sur la même longueur d’onde. Il vous fait part de ses soucis en toute bonne foi, vous écoutez aussi, on a presque une impression d’empathie. Mais attention, la critique couve. La pointe arrive au moment où on ne s’y attend pas. Le WWF et les autres, ça ne comprend rien à rien. 

J’ai fait sa connaissance en 98, lorsque j’ai repris le poste de secrétaire régionale du WWF Fribourg et que j’ai démarré avec 7 patates très chaudes dans les mains : 7 recours contre 7 halles d’engraissement pour poulets, que ma collègue précédente et l’infatigable présidente d’alors avaient soumis au tribunal cantonal…dans un canton agricole comme Fribourg, je vous jure que ce problème ne passait pas inaperçu et probablement 99 personnes sur 100 étaient prêtes à prendre pour cible le malheureux panda à trois lettres.

Pascal Corminboeuf n’était pas au conseil d’Etat depuis longtemps. Il a pris le temps de nous écouter : j’ai discuté bien quelques heures avec lui sur l’agriculture intensive, sur les dégâts que l’élevage industriel pouvait infliger aux eaux souterraines et aux cours d’eau. Nous craignions que le canton ne se couvre de halles et que les nitrates détériorent nos gisements d’eau. Comme en Bretagne. Il a bien écouté, Pascal, il était presque d’accord avec moi. D’autant qu’à l’époque, ces constructions semi-industrielles étaient interdites en zone agricole. Mais il ne nous a pas suivis dans notre argumentation.  

Quand nous avons gagné les recours au tribunal fédéral, il a fallu faire face à une presse déchaînée et à des paysans démontés. Au cours de la conférence de presse, durant laquelle nous nous sommes fait lapider verbalement, M. Corminboeuf a annoncé avec une sérénité étonnante : « les relations entre le WWF et le canton sont bonnes ». Il fallait oser. Je ne l’ai pas oublié. 

Etonnamment, il a paniqué lorsque les lynx des Préalpes fribourgeoises ont commencé à faire preuve d’un amour immodéré du méchoui. C’était en 1999, une année TRES chaude pour le WWF, car nos bestioles favorites ripaillaient sur les alpages, après avoir dévasté la population de chevreuils de montagne. Un lynx, semi-pirate, semi-héros, a été désigné comme coupable ultime et condamné au fusil : le lynx Tito.

Alerté par la « détresse » d’un berger un peu louche, M. Corminboeuf s’est déplacé dans les pâturages, ayant réussi à alerter Philippe Roch, alors chef de l’office fédéral de la protection de l’environnement, ainsi que la presse. Jouant de sa grande force d’écoute et d’empathie, il a décrété que ce lynx dévoreur de brebis devait être abattu, ce que les autres se sont empressés d’approuver. La presse locale a même été mise à contribution, le journal de la Gruyère ayant publié un sondage sur le sort à réserver au lynx. Evidemment, 90% des sondés gruyériens voulaient la mort de la bête ce qui n’a surpris personne. On a donné dans le pathos, lorsque M. Corminboeuf a évoqué la douleur du paysan face à la mort des brebis torturées par le fauve sanguinaire. Dommage, c’était un peu show-biz, un peu démago, mais au fond pas grave : Tito s’est tiré en Suisse allemande ! Fait étrange cependant:peu après, le berger a abattu son chien… 

Bilan à contrastes : Monsieur Corminboeuf tient tête aux chasseurs, mais permet de défoncer le Cousimbert avec de grosses routes d’alpages. Il renie la valeur de la terre agricole dans l’affaire Amgen-Galmiz, mais remporte de beaux succès dans la fusion des communes. Mon meilleur souvenir, cependant, c’est son soutien à l’intiative Sans-OGM. Là, il était convaincu. Il a (peut-être) déposé momentanément son manteau de politicien pour réfléchir à une problématique mondiale cruciale. Du moins j’aime à le croire. C’est pourquoi j’aimerais le revoir à la tête du canton pour une dernière législature..     

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12.10.2006

Elections fribourgeoises (2): Candidat Beat Vonlanthen

Filed under: Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 11:04

Lorsque le WWF Fribourg a fêté son 25ème anniversaire, nous avons invité M. Vonlanthen qui venait de commencer son mandat au conseil d’Etat fribourgeois. Il a accepté de prendre part à la partie officielle de notre manifestation et m’a fait part de son grand intérêt pour la question du développement durable. Son ambition était de créer un véritable centre de compétence sur ce sujet dans le canton de Fribourg. Je me suis dit « chouette », on a une petite chance d’avancer…(???)

Je n’en ai pas vu grand’chose, de ce développement durable.  Si Monsieur Vonlanthen est  toujours prêt au dialogue, ce qui est très appréciable, sa conception du développement durable est extrêmement …étonnante. Le territoire fribourgeois continue de se couvrir de béton, routes, quartiers de villas, centres commerciaux. Ce n’est pas entièrement de sa faute, je sais. Mais je vous donne quelques exemples qui montrent que…je ne peux pas lui faire confiance:

M. Vonlanthen défend les intérêts purement privés des propriétaires de chalets dans la grande Cariçaie, argumentant que ces chalets font partie du développement durable de la région. Le dialogue s’est vite transformé en chantage, Monsieur Vonlanthen oubliant complètement que les cantons ont des responsabilités dans la gestion et la protection de leur patrimoine naturel.

Les projets de route semblent le passionner. Certains ont compris où étaient la faille. Voir le projet de route d’évitement de Sugiez. Je sais, la zone agricole n’est pas rentable, il me l’a laissé entendre, alors comprenez qu’une route à travers un champ de choux, c’est tout bénéf pour le développement durable…

Galmiz: sans revenir sur le psychodramme, je retiendrai deux choses: le dialogue-chantage en utilisant la presse contre les associations (« une seule opposition et le projet tombe à l’eau » alors que nous avions été avertis du projet un jour avant la mise à l’enquête). Et le fait qu’il ait convaincu les habitants de Galmiz d’accepter l’implantation d’une énorme usine près de chez eux sans qu’ils sachent de quoi il s’agit: à ce moment-là, Amgen avait un pseudonyme, Redwood. On savait que ce Redwood avait voulait de la place, beaucoup d’eau, et avait besoin de rester à l’écart. Je trouve un peu court. D’aucun diront: M. Vonlanthen a chercher à favoriser l’emploi. Bon. Mais la transparence? c’est de la démocracie ça?

Puis il y a un manque de connaissance dans certains domaines, comme l’aménagement du territoire. La loi sur la protection des eaux et les débits résiduels. Les décharges. La revitalisation des cours d’eau.  A chaque fois, sourires et dérobades.

A propos de décharge: celle des Montets…mais je me réserve cette perle quand je vous parlerai du Candidat Cornu…

Conclusion: je ne voterai pas pour M. Vonlanthen.

06.10.2006

Andermatt ou les Pharaons au pays des Helvètes

Filed under: L'écolo, elle en pense quoi? — Catherine Martinson @ 14:39

Dans le rôle du Pharaon: M. Sawiri. Dans le rôle du village helvète qui ne résiste plus: Andermatt. Le chef du pays du village helvète qui ne résite plus: Blocherix. Les dindons de la farce: un peu tout le monde, dont les écolos.

Si vous avez suivi l’actu, on ne construira pas des pyramides (quoi que?) mais un golf et quelques palais pour gens de bien dans le petit village d’Andermatt. Sur les vieux terrains de l’armée. Le Pharaon est arrivé avec ses promesse d’or et de bonheur éternel pour les Andemattois et les Uranais. .. Faudrait être fou pour lui dire non!

 Qu’est-ce qui me dérange alors, moi l’écolo? Simple résistance au changement pour trouver que les palais du Nil sont totalement à côté de la plaque à Andermatt? D’autant qu’à la place du Nil, on a la route du Gotthard, qu’un domaine skiable existe déjà et qu’un golfe troue déjà la plaine de la Reuss.  Non, voilà ce qui me choque:

Le Pharaon et ses palais sont déclarés d’ intérêt national. Donc méritent de faire une exception à la loi. Pas d’accord!le Pharaon est un investisseur comme les autres. Ce n’est pas le Messie qui a pris la région « sinistrée » d’Andermatt en amitié, c’est quelqu’un qui cherche à faire du fric.

On a bien assez de grandes stations touristiques en Suisse. Il y a donc un vaste potentiel à gérer et améliorer. D’ailleurs, les collègues travaillent avec ces stations, comme à Zermatt, pour que les domaines de ski ne ressemblent plus à des friches.

Les habitants vont devoir à terme quitter leur coin de terre: en effet, le prix de l’immobilier va grimper en flèche et cette grosse station va agir comme une sangsue sur l’économie locale. ça se voit partout où il y a de grandes stations, c’est archi-connu. Mais tout le monde tombe dans le piège de ce pseudo développement régional. Je n’appelle pas ça du développement durable.

Mais une question me taraude: Le Pharaon a-t-il bien connaissance de la météo de cette région? A ma connaissance, il est extrêmement difficile de jouer au golf en tenant un parapluie…

😉

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