Blog de Catherine

30.01.2007

Cherchons zensemble un site pour nos déchets nucléaires…

Filed under: L'écolo, elle en pense quoi?,Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 0:08

Il y a de la belle prose, dans ce plan sectoriel mis en consultation par la Confédération pour l’enfouissement de déchets nucléaires dans les couches géologiques profondes. « Aujourd’hui pour demain » , « participation » , « développement durable » (quel culot), ce sont les mots qui bercent ce psaume dédié à nos poubelles nucléaires…

En parcourant ce rapport, voici ce qui m’a traversé l’esprit.

Cela fait bientôt 25 ans que la CEDRA (Nagra pour les alémaniques), le groupe de scientifiques qui cherche un site de stockage en Suisse, creuse, creuse et creuse dans divers sous-sols pour trouver des sites stables. Mais le sous-sol suisse est imprévisible: on trouve des sédiments là où l’on attendait du granit, des fissures en veux-tu en voilà. Pas besoin de vous faire un dessin pour vous expliquer que nous vivons dans une zone géologiquement active donc peu stable puisqu’on est dans les Alpes (ça bouge dur pour faire pousser des montagnes pareilles).  Dans notre bonne vieille molasse que l’on croit super imperméable parce très argileuse, on trouve d’affreux chenaux remplis de sable à peine consolidé, cauchemar des exploitants décharges parce qu’ils servent d’autoroute pour les eaux contaminées qui s’échappent soit de décharges soit justement d’entrepôts de déchets radioactifs.

Bref, on a du mal à trouver un coin tranquille pour nos déchets, si ce n’est dans des couches d’argiles (Opalinus). C’est vrai que l’argile, c’est presque miraculeux, ça peut retenir beaucoup de contaminants.

Oui et alors? une fois cachés dans l’argile, on n’en parle plus? impossible de garantir une sécurité absolue à si long terme. Les entrepôts finissent par se dégrader, les eaux d’infiltrer, le béton se désagréger. Je trouve donc que le ton primesautier de l’invitation à trouver un site qui satisfasse tout le monde est pour le moins hypocrite: en fait ON N’A PAS LE CHOIX! Il n’y a pas de plan B. On doit enterrer nos déchets chez nous avec tous les risques que cela comporte.

C’est toujours mieux que de les envoyer au Soudan ou dans les ex-républiques soviétiques, qui les accueilleraient à bras ouverts contre deniers sonnants et trébuchants (paraît que l’ancien directeur de la Nagra, un certain MacCombie, aurait ouvert un bureau de consultant spécialisé dans l’exportation de déchets nucléaires…). On prend toujours plus de précautions chez soi.

Faut-il un dépôt accessible ou non? le concept-psaume nous dit que des observations devraient être menées jusqu’en 2100…c’est justement là le hic: dans 93 ans, les déchets hautement radioactifs le seront toujours et l’état du dépôt pourrait justement commencer à se dégrader. Et là, salut tout le monde, on fermerait boutique? Non! on est obligé de ne pas les oublier, ces déchets, de pouvoir réparer, colmater, remplacer, surveiller pendant…mille ans? plus encore?

Ce genre d’exercice devrait convaincre toute personne de bon sens qu’il ne faut pas construire de nouvelles centrales. Le problème des déchets n’est PAS réglé. Lorsqu’ils reviennent des usines de retraitement en France, les déchets sont toujours radioactifs. Si en 25 ans on n’a pas trouvé de site idéal et sûr pour les déchets de 6 centrales, comment peut-on prétendre que le problème est maîtrisé? le temps d’un mandat électoral, oui, on maîtrise, avec un joli dépôt tout neuf. Mais dans 93 ans, on ne maîtrisera plus rien du tout.

Les partis de droite suisses sont parfaitement irresponsables en réclamant à corps et à cris de nouvelles centrales nucléaires. Ils ont bien préparé leur coup, je vous l’avais dit l’été passé: on commence à faire peur à tout le monde en agitant la menace d’une pénurie d’électricité. Ainsi, avant d’avoir essayé d’économiser le moindre kilowatt, le public mange dans la main des sauveurs vendeurs d’électricité et opine du bonnet.

Les caciques du puissant lobby nucléaire ne reculant devant rien, surtout pas devant la désinformation, ils attribuent à cette technologie la vertu suprême: comme elles ne dégagent pas de CO2 (gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique), les centrales nucléaires produisent une énergie…propre! Et ne nuisent pas au climat. Quel raisonnement foireux et pervers! c’est comme si on vous disait alors que vous souffez d’un cancer du poumon: continuez de vous saoûler, l’alcool ménage les poumons…

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18.01.2007

Jacques Pilet n’aime pas les canons à neige

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 13:03

En voilà une bonne nouvelle! dans sa chronique hebdomadaire du Journal l’Hebdo, le célèbre éditorialiste s’en prend à la démesure des installations d’enneigement artificiel et le ravages qu’elles causent dans les Alpes. Voilà qui devrait nous mettre du vent dans le dos, à nous au WWF.

Mais il y a un hic: cette semaine, dans sa chronique, Monsieur Pilet nous cloue au pilori. On est d’accord avec lui que c’est moche, ça gaspille des ressources et que ça défonce les sols, mais alors pourquoi on s’en prend plein la figure??? C’est dommage, quand quelqu’un qui partage les mêmes points de vue se trompe pareillement dans ces accusations.

Voici ce qui cloche et petit dialogue imaginaire:

Jacques: « le plus écoeurant, c’est la trahison des écolos. Les associations de protection de la nature WWF compris, ont donné leur accord à ces travaux ».

Cath: parce que vous croyez qu’on donne des autorisations? Il n’y a PAS DE BASE LEGALE du style « il est interdit de construire des canons à neige » pour faire des oppositions. La seule chose qu’on peut faire, c’est demander que l’impact soit minimisé par des mesures de compensation et regarder que l’installation ne démolisse pas un marais protégé ou n’assèche un cours d’eau. On le fait en général par le biais d’oppositions voire des recours, mais au final, les canons sont quand même là.

Jacques: oui mais « les défenseurs patentés de l’environnement ont reçu des promoteurs un financement pour des projets destinés à soulager leur conscience ».

Cath: Alors là, dites carrément qu’on reçoit des pots de vin?! vous prenez les choses complètement à l’envers: vous vous imaginez des deals louches avec des promoteurs véreux qui passent en douce des liasses de billets pour clore le bec aux écolos. Non, ça va dans l’autre sens: les associations doivent extirper aux forceps des accords pour des mesures de compensation, toujours dans la mesure où c’est tout ce que la loi nous permet de faire. En gros, on demande une sorte de principe de pollueur-payeur.  

Jacques: pollueur-payeur?… législation?…je ne sais pas ce que vous voulez dire mais moi je trouve qu’on « étouffe le débat sur les canons à neige pour le prix de quelques gadgets »

Cath: débat??? quel débat??? il y en n’a pas, de débat, c’est justement bien là le problème. Il y en a eu un lorsque les associations se sont opposées à ces installations dans les années 90. Mon cher Jacques, ne vous souvenez-vous pas du tollé qu’elles avaient déclenché alors? nos oppositions étaient des blasphèmes, nous étions des tueurs d’emplois fanatiques de l’âge des cavernes et de la désertification alpine. Où étiez-vous à ce moment-là? avez-vous pu, au travers de vos commentaires et chroniques, inspirer des centaines de députés pour voter une loi interdisant ces installations?

Jacques: je trouve quand même que les associations ont perdu de leur mordant et de leur intégrité, elles sont devenues les bureaux des « apparatchiks de l’écologie, plus soucieux de garantir le budget de leur structure que d’agiter la réflexion ».

Cath: j’espère qu’on a mieux à faire qu’agiter la réflexion. Est-ce que c’est votre manière de faire avancer les choses? Que voulez-vous vraiment? si on reste légaliste et qu’on tient bon sur certains dossiers, on est des tyrans. Si on dialogue et on recherche des solutions, on est des pourris. Vous reflétez bien les atermoiements de la société, qui en fait aimerait bien continuer de consommer sans mauvaise conscience, mais qui sait que ce n’est pas toujours bien, cette façon de consommer sans limite. Par chance, il y a toujours les associations comme bouc émissaire merveilleux: soit elles ne font rien (ah les lâches), soient elles tirent la sonnette d’alarme (ah ils jouent sur les mauvaises consciences, ce sont des catastrophistes) soit  elles disent non (ah les salauds tueurs d’emploi). Maintenant qu’on n’a plus de neige et que les canons restent en berne, c’est de nouveau la faute aux écolos qui ont permis leur construction en gaspillant les deniers des uns et des autres…

Jacques, vous ne voulez pas venir travailler au WWF quelques mois???

17.01.2007

Ohé, la neige??

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 23:06

Jusqu’à maintenant, j’ai fait la courageuse. Raisonnable mais résignée (quand même), je me persuade que même sans neige on peut passer un bon hiver. C’est plus écolo…On ressort le vélo. On va marcher en montagne. Faudra bien s’y habituer… 

Ben non…Je ne m’y habitue pas…j’aime trop aller rôder en hiver skis aux pieds, dans les lumières transparentes des jours froids, quand la neige s’étale sur les sapins (un must…) Un hiver sans neige, tout est gris…la fatigue de printemps durera-t-elle deux fois plus longtemps ? 

Dans une telle situation, la moindre petite rando à ski se transforme en bonheur total. J’ai atterri samedi passé à Lauenen, paraît qu’il y avait de la neige là-bas. Un coin où je ne vais pas souvent. Joie, il y en avait de la neige, nous avons pu partir skis aux pieds depuis le village ! (Fallait choisir le versant…).

Après avoir bataillé dans une ravine « Tarzan » (ma lecture de carte était un peu approximative…) on a rejoint une belle épaule qui venait mourir en splendeur contre l’imposant massif de l’Arpelistock. Depuis notre modeste colline, vernie de glace et sculptée de petites congères, je suis restée là à béer d’admiration devant ces monuments de roche plissée et de lapiez désolés. Les sommets s’élèvent comme des clameurs de calcaire restées suspendues dans leur mouvement.

Silence, soleil, puis descente SANS CARTON ni CAILLOUX du côté Gsteig. Remontée puis descente plus que trop bien côté Lauenen. On a croisé des masses d’air froid et d’air chaud qui se côtoyaient sans se mélanger. J’étais aussi euphorique qu’après un haut sommet, je ne m’attendais tellement pas à ces belles conditions et ce panorama éclatant… 

Cette petite chaîne de collines, qui s’avance tel un orteil allongé de l’Arpelistock, c’est la Walliserwispiele.  Bon, la neige, tu nous manques…

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