Blog de Catherine

17.01.2008

La frénésie des micro-centrales électriques

Filed under: L'écolo, elle en pense quoi? — Catherine Martinson @ 9:50
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J’ai appris hier que 40 projets de petites centrales hydroélectriques sont prévu dans le canton de Saint-Gall. A peu près autant rien que dans les Grisons. Que se prépare-t-il dans les autres cantons?

Pour les écologistes et amoureux de la nature, c’est le dilemne: on crie bravo à la confédération qui a permis que le courant électrique produit à partir d’énergies renouvelables soit racheté à un prix intéressant pour les producteurs. Eolien, biogaz, hydro, solaire, tout devient intéressant à produire et c’est tout ça de moins de gaz carbonique relâché dans l’atmosphère.

Et puis, on pousse un gros soupir: si les derniers cours d’eau intacts sont captés et exploités, ce serait dommage, il y en a si peu.. autant de biotopes précieux perdus et défigurés.

On me targuera d’égoïsme…mais je ne me résignerai à ces derniers outrages que lorsque l’on aura fait de réels efforts en matière d’économies d’énergie, que lorsque je serai sûre que ces petites productions éviteront la construction de centrales nucléaires ou à gaz, et que  tous les toits seront recouverts de panneaux solaires…

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11.01.2008

Foehn

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 10:44

Les grands yoyos atmosphériques de cet hiver nous amènent à nouveau du foehn. On sort les maillots de bain à Andermatt. Mais dans la plus modeste Fribourg, le ciel ce matin m’offre un spectacle carnavalesque: imaginez un lavis aigue-marine pâle, lumineux, qui laisse cependant les montagnes d’un bleu sourd et opaque. Une longue plume d’autruche rose et grise flotte sans aucune inhibition devant ma fenêtre. Au sud, une escouade de tétards ouatés file on ne sait où. Le temps de sortir, tout avait fondu dans en quelques traînées laiteuses. Les mésanges énervées patrouillent d’un arbre à l’autre comme des rafales de gouttes d’encre de chine. Seul le mélèze sait qu’il ne s’agit pas du printemps. Pâle et dépouillé, il attend la bourrasque.

Venise

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 10:20

Après un nombre honteux de jours d’absence, je retrouve l’envie de revenir sur la toile. J’ai visité Venise au mois d’octobre. Non seulement la ville m’a coupé le souffle, mais aussi la plume. Que peut-on écrire qui n’a pas déjà été dit? ressenti? décrit?

Après trois jours de flâneries dans le jeu de l’oie que forment les ruelles de Venise, je suis rentrée en me disant: c’était bien. Une très belle ville.

Mais avec le temps, les souvenirs et les impressions se transforment: Venise est un poème de pierre. Comme des lambeaux de brume, me reviennent des lumières nacrées, les couleurs douces, la gaieté un peu triste de cet ancien marais où se sont croisés les mondes de Byzance et d’Occident. La ville s’est mise à me hanter…

Mais qui donc étaient ces vénitiens pour construire leurs palais comme de géantes pâtisseries ciselées? qui donc a imaginé au Vème siècle qu’il serait possible de bâtir une jungle foisonnante d’églises et de châteaux sur ce marécage marin? De quelle lampe sont sortis ces génies fous, pour qui aucune limite matérielle ne semblait exister?

Impressions volées

Fenêtres. L’Orient s’affiche dans les fenêtres des palais: fendues et pointues, on y attend  un oeil noir en amande guettant entre des stores mi-clos un soupirant ou un message. Mais n’était-ce pas des princesses d’un blond cuivré qui façonnaient la vie mondaine? Déconcertant…

Crépis: décrépir est un verbe négatif. Or à Venise, les crépis prennent une infinité de tons d’ocres doux, et ô miracle, lorsqu’ils se décomposent, apparaissent des camaïeux carmins et roses des briques de calcaire. En vieillissant, certaines bâtisses deviennent splendides.

Lumière: quel que soit le temps, la ville irradie d’une lumière douce et mélancolique. L’eau tremblottant dans les canaux ou dans la lagune devient perle ou huître. Il ne fait sombre que la nuit, et encore…les canaux continuent de refléter quelques lumières connues d’eux seuls.

Arsenal: j’ai été saisie par cette muraille faussement guerrière dressée comme pour des poupées. Quelle fantasque idée que de construire un rempart de chantier naval rose carmin, si basse qu’on pourrait presque lorgner derrière en se hissant sur la pointe des pieds. Crénaux crantés, juste pour faire joli. Une horloge d’un bleu arabe, ornée de blanc et d’or n’a rien de militaire non plus. Et les lions blancs, tatoués par les vikings, font partie de cet incessant carnaval vénitien, si incompatible avec la puissance militaire de la république d’autrefois.

Canareggio. Marchés de fruits et de poissons, affairement pas trop sérieux des passants, trafic sur le canal gris…c’est le quartier « normal » où j’aime aller marcher le matin, où les masques sont rangés. L’expresso au comptoir au son des rolling stones n’est pas mal non plus.

Le paraître. Tombée en arrêt dans une boutique de masques et costumes de carnaval. Fixée par les yeux vides des masques délirants, je réalise que le paraître, si superficiel fait partie de l’humanité, quoiqu’en disent les calvinistes. Les frénésies d’aujourd’hui sont bien pâles à côté de celles de nos prédecesseurs vénitiens…

Carré d’herbe. Le long d’un canal, près d’un chantier de gondoles, un carré vert me saute aux yeux: de l’herbe. Perdue dans mes flâneries de pierres, je me suis laissée surprendre..

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