Blog de Catherine

23.01.2009

…comme quoi tout est relatif

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 15:41

Peu après avoir posté le billet précédent, je reçois un appel de mon fiston Yann. Il est au fin fond de la pampa de Suisse allemande pour des compétitions, justement.

Je perçois une urgence dans sa voix. Me demande in petto si l’accident d’Albrecht l’a déstabilisé.

Non. C’est son meilleur copain Fredo qui s’est fait opéré de l’appendicite. ça, c’est important pour Yann. Quand pourra-t-il aller le voir? Est-ce qu’il sera encore à l’hôpial quand il rentrera dimanche soir?

Yann, l’appendicite il connaît, il a raté le grand voyage d’été en famille à cause d’une péritonite l’année passée.

Il n’y a pas de petite sollicitude.

Et c’est tant mieux!

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Le ski, cet impitoyable sport

Filed under: A chaud — Catherine Martinson @ 10:41

En temps que maman d’un jeune athlète, je suis révoltée par le matérialisme et la froideur du monde de la compétition lorsque je vois dans le journal du Temps les commentaires de l’entraîneur de l’équipe Suisse:

A la réflexion de Didier Défago suite à la chute de Daniel Albrecht «Cela fait deux ans qu’il y a des chutes lourdes sur ce saut, il faut en tirer les conclusions. Peut-être faut-il avancer un peu la table pour permettre de mieux se rééquilibrer entre la compression et le saut» Patrice Morisod, l’entraîneur suisse du groupe de vitesse, coupe court à ce qui pourrait devenir un début de polémique. «Ce saut existe depuis toujours à Kitzbühel. Notre sport doit rester spectaculaire. Les organisateurs ont fait tout ce qu’ils pouvaient. C’est clairement une faute de l’athlète. Il est arrivé trop en arrière sur ce saut. La seule question que l’on peut se poser c’est de savoir si Albrecht a fait assez de sauts dans sa jeune carrière » (le Temps, 23.1.09).

En attendant, on craint pour la vie de Daniel.

Cela équivaut à transformer les athlètes en gladiateurs. Le spectacle et les tunes avant tout.

Quand je vois mon gamin s’entraîner avec passion, et le faire avec un vrai bonheur encore innocent, pour le vrai plaisir du jeu et des sensations que procurent le ski, je me demande souvent quel est mon rôle: dois-je le pousser pour qu’il atteigne le Graal de l’équipe nationale? dois-je le laisser évoluer en me disant que c’est lui qui trouvera son potentiel et qui en fera ce qu’il voudra? 

Maintenant je suis convaincue: je ne pousserai pas mon fils à devenir un  gladiateur du cirque blanc. Je ne l’ai pas mis au monde pour ça. Il n’y a pas assez de décence dans ce monde-là. Soutien et bienveillance oui, pousser à fond non. Pas moi.

22.01.2009

La chute de Daniel Albrecht

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 20:07

Il y a toujours du nouveau dans le monde, du grave, du meilleur et du triste.

Ces derniers temps il y a eu:

Gaza, et là je me suis dit, il n’y a plus d’espoir pour ce vieux monde.

Le décès de Maurice Chappaz, une voix profonde du pays valaisan. Je lui ai consacré une randonnée.

Il y eu l’investiture d’Obama, un fou génial qui va peut-être pendant 4 ans réussir des trucs géniaux. Je lui fais confiance comme un enfant.

Mais là où mon coeur a VRAIMENT chaviré, c’est quand j’ai vu les nouvelles de ce soir: Daniel Albrecht s’est fracassé en bas de la piste de Kitzbühl. Un jeune géant talentueux de 25 ans.

Pourquoi je chavire? Yann mon fiston est un mordu du ski. Il s’entraîne avec une belle joie de vivre. Il rêve de vitesse, de sauts, de trucs de fous, lui aussi. A Adelboden, il a rencontré Albrecht, qui lui a signé un autographe. Yann est revenu émerveillé par la gentillesse de Daniel, qui a pris le temps de rester auprès des jeunes admirateurs. C’est un moment qui l’a marqué …

Alors moi ça me rend triste comme tout, même si dans le monde, il y a pire encore.

(Kim, 11 ans, petite soeur de Yann a pourtant le mot qui rassure un peu: « heureusement qu’il avait la dorsale! sa colonne vertébrale n’est pas cassée. Bien vrai ça. Espérons que l’hémorragie cérébrale ne soit pas trop grave…)

09.01.2009

Un mutant à la Wandflue

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 20:49

Bon, encore une histoire de ski. Cette fois c’est à la Wandflue, petit sommet élégant des Préalpes, pentu et paré de calcaire gris. Avec Marie-Claude, on décide d’aller y traîner nos skis.

Les premières neiges ont gelé dur. En sortant de la forêt, la trace se mue gentiment en patinoire. On se dit: il faut mettre les couteaux. Aussiôt dit aussitôt fait. Mais la neige devient de plus en plus dure, les conversions dans la zone raide de plus en plus délicates, car lorsqu’il n’y a pas de glace il y a des trous (traces de pas) ou des cailloux (faut qu’il reneige)  les skis n’accrochent plus. Du coup les conversions ressemblent aux pas d’un ballet précautionneux et aléatoire. Pour finir, on n’y tient plus: on met les skis sur le sac et on quitte la trace, car la neige est moins dure à côté (du coup on fait des trous nous aussi).

Sur un replat on remet les skis. Un bruit léger derrière nous et voici venir un Athlète des neiges. En combinaison moulante et casque vissé sur la tête, il nous dépasse en foulées légères, nous saluant cordialement. Il disparaît.

Nous arrivons au sommet, l’Athlète s’est évaporé. Je ne l’ai même pas vu descendre. Je demande à Marie-Claude: avait-il AU MOINS des couteaux? « Non » est la réponse consternée. J’ai l’impression qu’on se moque de moi.

On redescend, d’abord sur la neige dure, puis dans un carton plus ou moins acceptable. On se prépare pour le deuxième talus, le Husegg. Tiens, re-voilà l’Athlète…qui revient DEJA du Husegg. Toujours cordial: « le couloir passe bien, à droite, là… » . Il a des skis super-légers, ni le carton ni la glace ne lui font peur. Et hop, il remonte à la Wandflue, presque en sautillant.

Bon.

On monte au Husegg, on redescend dans le couloir avec des bruits de vaisselle cassée: une drôle de croûte revêt la neige et rend les virages un peu lourdingues.

Puis on attaque la descente finale dans le carton, les fausses traces gelées etc. ZZZ…tiens, l’Athlète encore, qui redescend DEJA de la Wandflue, sans une goutte de sueur au front. « ça passait bien le couloir, non? » qu’il nous lance avant de nous quitter avec un joyeux « au revoir » et de disparaître dans une godille impeccable dans une neige exécrable…

Un mutant je vous dis. Trop doué pour être honnête et cordial avec ça. Je me pince: était-ce un djinn? un génie des alpages?

Sur la crête du Cousimbert

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 20:23

C’était avant Noël. 

Un début d’hiver délicieux, avec de la neige comme dans un conte russe. Pour oublier les fâcheux et la crise financière, quoi de mieux qu’une balade à skis, et pourquoi pas une visite au brave vieux Cousimbert?

Le Cousimbert, c’est cette épaule inoffensive et longue, prélude aux pentes plus raides des Préalpes fribourgeoises.  Une grande forêt d’épicéas lui donne un aspect débonnaire et velu. Ce jour-là, troncs forment un grand orgue silencieux et givré. La trace serpente innocemment entre les arbres, pas un bruit si ce n’est le chant du soleil.

En sortant des bois, on aboutit à la crête, cette fameuse épaule. En hiver, c’est parfois le Plus Bel Endroit Du Monde. Car il s’y passe toujours des artisteries entre la neige, le gel et le vent. Parfois, on arrive dans un gâteau de sucre glace, parfois c’est l’Antarctique, parfois c’est la cour des parades pour tétra-lyres, et la cour de récréation pour les lièvres ou les renards.

Mais ce jour-là était un lendemain de bataille: les sapins se tenaient tout penauds, immobiles et comme pris en faute après une faramineuse bataille de coussins, couverts de blanc de la tête aux pieds. Une bagarre avec les djinns? Hisutes de gel, échevelés de neige en brosse, aucun n’ose dire qui les a mis dans état pareil. Comme des gamins pris en faute, avec des plumes dans les cheveux, devant des coussins crevés.

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