Blog de Catherine

11.09.2011

Dame noire

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 17:50

Point n’est besoin de présenter le Mont-Blanc. Depuis Chamonix, ce roi neigeux prend des allures de monarque débonnaire sous sa tiare immaculée. Entouré de chambellans de granit, il ignore superbement les cables et le fourmillement continuel des touristes et alpinistes. Mais sa grande cour, il la déploie au sud, en Italie: c’est là que règne sa  dame noire, altière, impitoyable et  farouche: l’Aiguille Noire de Peuterey. Dame de pique ou dame noire, puissante reine aux pieds nus tendue vers le ciel, elle ne se soucie comme d’une guigne du bas de sa robe de granit déchirée par le gel. Dans les brumes du petit matin ou à la lumière du couchant, la dame noire aux traînes interminables magnétise ses visiteurs, ceux qui songent en fols éperdus à la conquérir, et ceux, modestes mortels, qui ne peuvent que lui adresser une  révérence de loin…

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23.01.2009

…comme quoi tout est relatif

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 15:41

Peu après avoir posté le billet précédent, je reçois un appel de mon fiston Yann. Il est au fin fond de la pampa de Suisse allemande pour des compétitions, justement.

Je perçois une urgence dans sa voix. Me demande in petto si l’accident d’Albrecht l’a déstabilisé.

Non. C’est son meilleur copain Fredo qui s’est fait opéré de l’appendicite. ça, c’est important pour Yann. Quand pourra-t-il aller le voir? Est-ce qu’il sera encore à l’hôpial quand il rentrera dimanche soir?

Yann, l’appendicite il connaît, il a raté le grand voyage d’été en famille à cause d’une péritonite l’année passée.

Il n’y a pas de petite sollicitude.

Et c’est tant mieux!

22.01.2009

La chute de Daniel Albrecht

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 20:07

Il y a toujours du nouveau dans le monde, du grave, du meilleur et du triste.

Ces derniers temps il y a eu:

Gaza, et là je me suis dit, il n’y a plus d’espoir pour ce vieux monde.

Le décès de Maurice Chappaz, une voix profonde du pays valaisan. Je lui ai consacré une randonnée.

Il y eu l’investiture d’Obama, un fou génial qui va peut-être pendant 4 ans réussir des trucs géniaux. Je lui fais confiance comme un enfant.

Mais là où mon coeur a VRAIMENT chaviré, c’est quand j’ai vu les nouvelles de ce soir: Daniel Albrecht s’est fracassé en bas de la piste de Kitzbühl. Un jeune géant talentueux de 25 ans.

Pourquoi je chavire? Yann mon fiston est un mordu du ski. Il s’entraîne avec une belle joie de vivre. Il rêve de vitesse, de sauts, de trucs de fous, lui aussi. A Adelboden, il a rencontré Albrecht, qui lui a signé un autographe. Yann est revenu émerveillé par la gentillesse de Daniel, qui a pris le temps de rester auprès des jeunes admirateurs. C’est un moment qui l’a marqué …

Alors moi ça me rend triste comme tout, même si dans le monde, il y a pire encore.

(Kim, 11 ans, petite soeur de Yann a pourtant le mot qui rassure un peu: « heureusement qu’il avait la dorsale! sa colonne vertébrale n’est pas cassée. Bien vrai ça. Espérons que l’hémorragie cérébrale ne soit pas trop grave…)

09.01.2009

Un mutant à la Wandflue

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 20:49

Bon, encore une histoire de ski. Cette fois c’est à la Wandflue, petit sommet élégant des Préalpes, pentu et paré de calcaire gris. Avec Marie-Claude, on décide d’aller y traîner nos skis.

Les premières neiges ont gelé dur. En sortant de la forêt, la trace se mue gentiment en patinoire. On se dit: il faut mettre les couteaux. Aussiôt dit aussitôt fait. Mais la neige devient de plus en plus dure, les conversions dans la zone raide de plus en plus délicates, car lorsqu’il n’y a pas de glace il y a des trous (traces de pas) ou des cailloux (faut qu’il reneige)  les skis n’accrochent plus. Du coup les conversions ressemblent aux pas d’un ballet précautionneux et aléatoire. Pour finir, on n’y tient plus: on met les skis sur le sac et on quitte la trace, car la neige est moins dure à côté (du coup on fait des trous nous aussi).

Sur un replat on remet les skis. Un bruit léger derrière nous et voici venir un Athlète des neiges. En combinaison moulante et casque vissé sur la tête, il nous dépasse en foulées légères, nous saluant cordialement. Il disparaît.

Nous arrivons au sommet, l’Athlète s’est évaporé. Je ne l’ai même pas vu descendre. Je demande à Marie-Claude: avait-il AU MOINS des couteaux? « Non » est la réponse consternée. J’ai l’impression qu’on se moque de moi.

On redescend, d’abord sur la neige dure, puis dans un carton plus ou moins acceptable. On se prépare pour le deuxième talus, le Husegg. Tiens, re-voilà l’Athlète…qui revient DEJA du Husegg. Toujours cordial: « le couloir passe bien, à droite, là… » . Il a des skis super-légers, ni le carton ni la glace ne lui font peur. Et hop, il remonte à la Wandflue, presque en sautillant.

Bon.

On monte au Husegg, on redescend dans le couloir avec des bruits de vaisselle cassée: une drôle de croûte revêt la neige et rend les virages un peu lourdingues.

Puis on attaque la descente finale dans le carton, les fausses traces gelées etc. ZZZ…tiens, l’Athlète encore, qui redescend DEJA de la Wandflue, sans une goutte de sueur au front. « ça passait bien le couloir, non? » qu’il nous lance avant de nous quitter avec un joyeux « au revoir » et de disparaître dans une godille impeccable dans une neige exécrable…

Un mutant je vous dis. Trop doué pour être honnête et cordial avec ça. Je me pince: était-ce un djinn? un génie des alpages?

Sur la crête du Cousimbert

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 20:23

C’était avant Noël. 

Un début d’hiver délicieux, avec de la neige comme dans un conte russe. Pour oublier les fâcheux et la crise financière, quoi de mieux qu’une balade à skis, et pourquoi pas une visite au brave vieux Cousimbert?

Le Cousimbert, c’est cette épaule inoffensive et longue, prélude aux pentes plus raides des Préalpes fribourgeoises.  Une grande forêt d’épicéas lui donne un aspect débonnaire et velu. Ce jour-là, troncs forment un grand orgue silencieux et givré. La trace serpente innocemment entre les arbres, pas un bruit si ce n’est le chant du soleil.

En sortant des bois, on aboutit à la crête, cette fameuse épaule. En hiver, c’est parfois le Plus Bel Endroit Du Monde. Car il s’y passe toujours des artisteries entre la neige, le gel et le vent. Parfois, on arrive dans un gâteau de sucre glace, parfois c’est l’Antarctique, parfois c’est la cour des parades pour tétra-lyres, et la cour de récréation pour les lièvres ou les renards.

Mais ce jour-là était un lendemain de bataille: les sapins se tenaient tout penauds, immobiles et comme pris en faute après une faramineuse bataille de coussins, couverts de blanc de la tête aux pieds. Une bagarre avec les djinns? Hisutes de gel, échevelés de neige en brosse, aucun n’ose dire qui les a mis dans état pareil. Comme des gamins pris en faute, avec des plumes dans les cheveux, devant des coussins crevés.

05.12.2008

Jeune fille à la perle: métamorphose

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 16:42

Grands yeux surpris d’enfant
Rondeur fraîche du visage par dessus l’épaule.

A la lueur d’une perle
La fillette devient femme

La goutte nacrée
Suspend l’instant
de la métamorphose

vermeer

03.12.2008

Finges et la Reine des neiges

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 9:38

Elle était présente ce jour-là, la Reine des neiges. On ne la voyait pas, mais on sentait qu’elle avait choisi de passer sa journée dans le bois de Finges, en ce jeudi de novembre. Terré dans l’ombre de la vallée, loin des sommets lumineux, ce bois aurait pu faire grise mine ou morne figure. Mais la neige y jourait une fantaisie débridée, pins et bosquets étaient gonflés de blanc. Arbres patauds ou dentelles givrées. La Reine avait pris soin des couleurs: mille variations de gris, blanc et or vieilli. Sur le miroir sans tain des étangs gelés, les elfes excités par le froid faisaient crisser leurs minuscules patins.

Le soleil a poussé son chemin jusqu’à la cime des arbres, avec la vigueur d’une trompette. Mais sous les pins et les chênes, la Reine n’a fait que soupirer distraitement, et reprendre sa broderie.

Droit de recours: gagné par KO

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 9:18

Le 30 novembre, les associations écologistes ont reçu une bonne claque… dans le dos: le peuple suisse à balayé par 66%  des voix l’initiative radicale pour la suppression du droit de recours. Un raz de marée! dans mon canton favori de Fribourg, ce sont même 71 % des citoyens qui nous ont dit, par les urnes: allez les gars, on est avec vous!

C’est vraIment l’effet que ça fait: après des mois de controverse et de mesquineries, on nous dit: vous faites du bon boulot! finalement, je suis contente que la question ait été posée au peuple. Il n’est jamais mauvais de se remettre en question.

Ciel

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 9:11

On annonce la neige. A l’est pourtant, le ciel est un aquarium lumineux, traversé de longs nuages  fuselés comme des êtres marins. Malgré leur ligne sobre, ils ne peuvent cacher le rose insolent qui éclaire le grisé de leurs silhouettes. Quelques secondes, et tout a disparu…

13.11.2008

Un dimanche à pied

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 0:06

Sans être un modèle en terme de mobilité écologique, je me fais parfois vraiment plaisir en n’utilisant que mes pieds le week-end. Ce dimanche, c’était plutôt réussi, voyez plutôt:

Parties à deux sous un ciel gris, en quelques enjambées nous traversons le canyon de la Sarine par la vieille ville de Fribourg et hop, nous voilà déjà dans les prés où paissent quelques moutons. Vue imprenable sur la roselière de la Maigrauge. La chappelle de la Lorette et les murailles de la ville se pavanent dans les couleurs automnales.

Puis ce sont les champs, le hameau de la Pierrafortscha et son étang romantique, semé de feuilles lumineuses. Des haies douces, des chevaux paisibles, un vent … un peu atlantique, qui requinque l’atmosphère plutôt agreste.  De retour à Bourguillon, le temps d’un café, c’est au pas de course que je reprends mes pérégrinations, car Flore me quitte pour ses devoirs. Hameaux, forêts et prairies, le soleil se lève…et transforme la tranquille Singine en tapisserie flamboyante. C’est que cet automne tardif a étalé ses rousseurs et ses lumières brunies sur tous les bosquets du district!

Les sentiers sont élastiques sous les pieds, parfois il ne sont plus qu’un vague creux qui serpente, faiblement marqué, dans les feuilles. Comme un faible signal d’amitié. Je trotte au dessus du ravin du Gottéron, en suivant la lisière sinueuse. Et quand parfois un grand bien être passe au travers du corps et de l’esprit, il faut lever les yeux: on est en train de passer sous des chênes. Bienveillants et dorés, ils balisent mon parcours de multiples bonheurs…

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