Blog de Catherine

12.11.2008

Avenir de nos stations de ski

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 23:48

telepheriplonk1

Le prix de l’innovation est décerné à Plonk et rePlonk. Notre tourisme alpin est durablement assuré. Qu’on se le dise!

😉

Publicités

11.01.2008

Foehn

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 10:44

Les grands yoyos atmosphériques de cet hiver nous amènent à nouveau du foehn. On sort les maillots de bain à Andermatt. Mais dans la plus modeste Fribourg, le ciel ce matin m’offre un spectacle carnavalesque: imaginez un lavis aigue-marine pâle, lumineux, qui laisse cependant les montagnes d’un bleu sourd et opaque. Une longue plume d’autruche rose et grise flotte sans aucune inhibition devant ma fenêtre. Au sud, une escouade de tétards ouatés file on ne sait où. Le temps de sortir, tout avait fondu dans en quelques traînées laiteuses. Les mésanges énervées patrouillent d’un arbre à l’autre comme des rafales de gouttes d’encre de chine. Seul le mélèze sait qu’il ne s’agit pas du printemps. Pâle et dépouillé, il attend la bourrasque.

Venise

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 10:20

Après un nombre honteux de jours d’absence, je retrouve l’envie de revenir sur la toile. J’ai visité Venise au mois d’octobre. Non seulement la ville m’a coupé le souffle, mais aussi la plume. Que peut-on écrire qui n’a pas déjà été dit? ressenti? décrit?

Après trois jours de flâneries dans le jeu de l’oie que forment les ruelles de Venise, je suis rentrée en me disant: c’était bien. Une très belle ville.

Mais avec le temps, les souvenirs et les impressions se transforment: Venise est un poème de pierre. Comme des lambeaux de brume, me reviennent des lumières nacrées, les couleurs douces, la gaieté un peu triste de cet ancien marais où se sont croisés les mondes de Byzance et d’Occident. La ville s’est mise à me hanter…

Mais qui donc étaient ces vénitiens pour construire leurs palais comme de géantes pâtisseries ciselées? qui donc a imaginé au Vème siècle qu’il serait possible de bâtir une jungle foisonnante d’églises et de châteaux sur ce marécage marin? De quelle lampe sont sortis ces génies fous, pour qui aucune limite matérielle ne semblait exister?

Impressions volées

Fenêtres. L’Orient s’affiche dans les fenêtres des palais: fendues et pointues, on y attend  un oeil noir en amande guettant entre des stores mi-clos un soupirant ou un message. Mais n’était-ce pas des princesses d’un blond cuivré qui façonnaient la vie mondaine? Déconcertant…

Crépis: décrépir est un verbe négatif. Or à Venise, les crépis prennent une infinité de tons d’ocres doux, et ô miracle, lorsqu’ils se décomposent, apparaissent des camaïeux carmins et roses des briques de calcaire. En vieillissant, certaines bâtisses deviennent splendides.

Lumière: quel que soit le temps, la ville irradie d’une lumière douce et mélancolique. L’eau tremblottant dans les canaux ou dans la lagune devient perle ou huître. Il ne fait sombre que la nuit, et encore…les canaux continuent de refléter quelques lumières connues d’eux seuls.

Arsenal: j’ai été saisie par cette muraille faussement guerrière dressée comme pour des poupées. Quelle fantasque idée que de construire un rempart de chantier naval rose carmin, si basse qu’on pourrait presque lorgner derrière en se hissant sur la pointe des pieds. Crénaux crantés, juste pour faire joli. Une horloge d’un bleu arabe, ornée de blanc et d’or n’a rien de militaire non plus. Et les lions blancs, tatoués par les vikings, font partie de cet incessant carnaval vénitien, si incompatible avec la puissance militaire de la république d’autrefois.

Canareggio. Marchés de fruits et de poissons, affairement pas trop sérieux des passants, trafic sur le canal gris…c’est le quartier « normal » où j’aime aller marcher le matin, où les masques sont rangés. L’expresso au comptoir au son des rolling stones n’est pas mal non plus.

Le paraître. Tombée en arrêt dans une boutique de masques et costumes de carnaval. Fixée par les yeux vides des masques délirants, je réalise que le paraître, si superficiel fait partie de l’humanité, quoiqu’en disent les calvinistes. Les frénésies d’aujourd’hui sont bien pâles à côté de celles de nos prédecesseurs vénitiens…

Carré d’herbe. Le long d’un canal, près d’un chantier de gondoles, un carré vert me saute aux yeux: de l’herbe. Perdue dans mes flâneries de pierres, je me suis laissée surprendre..

15.10.2007

Grimper sur un océan

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 23:30

Un automne doux rend vagabond…Poursuivant mon flirt avec la frontière nord du Valais, je me suis retrouvée dans une lumière translucide à grimper le sentier qui mène d’Ovronnaz à la cabane Rambert, pour ensuite gravir le grand Muveran.

Un étage, deux étages, puis sur la droite…un mégaptère aux fanons de roche plissée, jaillit de terre, immobilisé dans le soleil. Passée cette première rencontre, un replat minéral traversé d’un fantôme de torrent nous accueille à l’entrée du vieil océan de calcaire de la chaîne des Muverans, figé en multiples châteaux, tours et balcons. Les gazons sont d’or vieilli, la roche d’argent foncé, le silence profond. La lumière s’y déverse sans retenue et cisèle des ombres dans la caillasse.

Des bouquetins couleur miel foncé nous observent, incertains. Ils disparaissent en trois bonds veloutés, alors que nous attaquons cette muraille qui me semble impossible. Mais quelle surprise: sur le flanc figé de cet océan géologique, un minuscule chemin suit une vire avec un entêtement tel que bientôt nous voilà au sommet. On veille à chaque pas, suspendu sur ce chemin de ronde improbable.

Du sommet, on voit la suite de l’océan: Diablerets, Pacheu, Sanetsch. La roche a été travaillée cette fois non pas par un Grand Bricoleur, mais par un Couturier Mégalomane: des plissés, des froncés, du point de croix de calcite blanche dans les dalles gris foncé, des crevés, des zébrures.

C’est trop vite fini…en quittant l’océan, on plonge dans une brume de mélèzes et de feuillus lumineux qui ramènent le vagabond à la raison…

14.10.2007

Et si…

Filed under: De tout et de rien,L'écolo, elle en pense quoi? — Catherine Martinson @ 19:18

Ai acheté l’autre jour par curiosité un magazine de…philosophie. Sur la couverture, un titre: la bombe écologique. Me suis dit, tant qu’à faire, pourquoi pas chercher quelques réponses philosophiques à l’avenir de la planète?

Les articles analysent le discours écologique, parlent d’apocalypse (!), de sacralisation de la nature (!?), de la dualité homme-nature (pff)… ça ne m’inspire pas plus que ça. Mais voilà que je tombe sur l’édito, qui lui est charmant: « Ecologie du chagrin d’amour« . En voici quelques extraits:

(…) Où pouvons-nous aller oublier notre peine lorsque nous sommes malchanceux en amour? (…) Une écologie du chagrin d’amour serait à inventer. Nous écoutons d’une oreille distraite les militants verts et les mauvais augures qui nous rabâchent qu’il faut sauver la planète pour le bien de l’humanité ou des générations à venir: ces finalités sont vagues et éloignées de nous. Et si c’était pour des raisons intimes qu’il fallait renouer un lien avec la nature? S’il est urgent de veiller sur cette dernière, c’est aussi pour préserver le refuge des amoureux »…

🙂

Les bijoux du Cousimbert

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 19:06

Au milieu d’une semaine délirante, j’ai planté là mon portable et mes soucis, et je me suis éclipsée au milieu de l’après-midi. Direction: une montagne tout près, sous la main, pour retrouver à grandes enjambées ne serait-ce que mon prénom. Le Cousimbert est donc la destination de choix. Un peu bourru, hérissé de plantations d’épicéas et renommé pour ses flysch boueux, il étire son épaule de gazons sous le ciel bas à un jet de pierre de chez moi.

Ses aspects un peu frustes disparaissent lorsqu’on s’attaque au sentier, crasseux de boue il est vrai. Tout d’abord, on se croit dans une forêt peuplée de djinns farceurs. Un craquement bizarre, on s’arrête, sûr de voir quelque apparition animale ou surréelle, mais non. Les sapins ne bronchent pas, semblant dire: pô moi! Un gémissement bizarre…mais non, ce sont les génisses plus bas dont le meuglement est déformé par les sapins et la brume. Des bruissements, claquements, cette forêt ne cesse de faire des calembours. Mais si on sait que le lynx fréquente ce massif, on ne s’étonnera plus de ces impressions fugitives que la montagne est « habitée ».

Au détour de pétasites et glissant dans la boue, alors que j’arrive dans l’étage des oiseaux chanteurs, je tombe en arrêt devant un étalage de bijoux intattendus: les prêles d’un talus sont brodées de perles de pluie qui brillent, insouciantes du vert et brun sombres de la forêt. Emerveillement enfantin.

Plus haut, j’arrive dans la neige (d’octobre!!!) et les rhododendrons boudeurs. Le grésil engoufre le paysage, si bien que lorsque le tétra-lyre s’envole en râlant devant moi, mon coeur rate trois battements. Celui-là n’avait au moins rien d’un troll…

Au retour, de glissades en glissades, je retrouve mon jardin de prêles et de  pluie, qui malgré le grésil, continue de luire pour dieu sait quelle fée gruyérienne…

03.10.2007

Lapiez

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 8:30

J’ai un faible pour les transitions: crépuscules, aubes, étage subalpin, no-man’s-lands des frontières.

Dimanche, je me suis plongée dans une transition somptueuse, la région des lapiez qui séparent le Valais du canton de Berne. Au barrage de Zeusier, les lambeaux de brouillards ne parviennent pas à cacher le turquoise ravageur du lac et sa couronne d’arbres dorés. Il faut passer ensuite la falaise qui bouche le cirque dans lequel se prélasse le lac. Les dents de scie du chemin permettent d’éviter toute escalade, et voici soudain la longue plaine secrète qui méandre entre la chaîne du Wildhorn et les petits sommets qui ponctuent la fin du massif du Wildstrubel. Là ce sont lapiez, calcaires bruns et soucieux,  petits lacs étonnants et marais cachés par la neige. La lumière se fait généreuse, le silence converse avec les pierres. Malgré les gouilles, c’est la zone où l’eau disparaît. Le lapiez est peut-être traversé par des animaux-contrebandiers, qui se faufilent dans les dernières poches tranquilles des Alpes.

Le col du Rawyl mérite un point de suspension: d’un côté on parlera bernois, de l’autre, valaisan. L’herbe est rousse et les roches persistent dans leur couleur brune et butée.

Une moraine raide bordant un glacier minuscule, un glacier relique, conduit à la cabane du Wildstrubel, puis au col du Weisshorn. Et là, même si la pierre reste reine, même si la roche reste roche, c’est un autre royaume. Le versant de la Plaine Morte est jonché de cailloux gris, les lapiez sont plus pâles, la solitude minérale reste grande, malgré l’ombre des installations mécaniques au loin sur la crête. Dans le vaste creux de pierres qui permet de rejoindre le flanc de gazons qui ramène au barrage, on a envie de s’arrêter, construire un cairn, écouter les cailloux murmurer des inconnues entre eux.

24.09.2007

Le loup et la colère des moutonniers

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 10:00

Les moutonniers valaisans sont en colère. Ils ont apporté, voici deux semaines, une brebis égorgée et son agneau dans le bureau de ma collègue du WWF Valais. Je peux bien m’imaginer le choc qu’elle a dû ressentir. Je peux aussi bien m’imaginer le choc des moutonniers lorsqu’ils découvrent les cadavres de leurs bêtes. Mais choc contre choc, on n’arrive à rien.

Dans le vallées, le loup est un animal nuisible, dont on a été bien content de se débarrasser. En Europe, c’est une espèce protégée. Dans la tête des gens, il y a une mémoire collective qui dit que le loup est malfaisant. Dans la tête d’autres gens, le loup est un symbole de nature sauvage, la vie de la meute fascine, c’est un animal presque sanctifié.

Quel casse-tête!

La grande muette dans cette affaire, c’est la Confédération. Le grand muet c’est Bruno Oberle, le chef de l’office fédéral de l’environnement. Démission complète sur ce front-là, alors que les aides à la prévention des dégâts sur les troupeaux diminuent.

Les moutonniers devraient amener leurs carcasses devant le palais fédéral et au bureau de Monsieur Oberle.

S’il en avait le culot, le WWF pourrait jouer les facteurs…

Le climat dans la rue

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 9:47

Samedi, j’ai passé deux heures dans les rues de Fribourg pour récolter des signatures pour l’initiative climat. Beau soleil, marché généreux, l’air invitait à la flânerie plutôt qu’à la réflexion politique.

Et pourtant: les gens étaient ouverts et signaient volontier. Madame souvent encourageait Monsieur. Les aînés comme les jeunes apposaient leur paraphe, réceptifs. Les changements climatiques concernent tout le monde.

Pour cette journée de récolte signatures, nous avons eu de l’aide: des candidats socialistes et verts aux élections fédérales. Alain Berset, candidat aux Etats, nous a consacré sa matinée. Dans le malstroem des campagnes électorale, ces gestes prennent toute leur importance.  Je remercie tous ceux qui nous ont prêté main-forte.

La rue bourdonne, et j’aime aller écouter ce bourdonnement…

11.09.2007

Chamoniardises

Filed under: De tout et de rien — Catherine Martinson @ 22:58

Dimanche,  je suis sortie en montagne avec une copine. On avait repéré dans les Aiguilles rouges de Chamonix une petite voie pas difficile, la face Est de l’arête des Crochues. Du 4, bon rocher, fissures commodes, granit de chez granit. Au sortir de la petite face, on terminerait par la traversée de l’arête des Crochues pour revenir par le Lac Blanc.

Départ des Praz sous un ciel hallucinant de transparence. Moi les neurones en compote à cause des nuits agitées de ces derniers temps (soucis au travail+appréhensions pré-montagnardes = insomnie assurée). Des contrastes lumineux, ocres et bleus. Une pureté des ombres et des lumières à couper le souffle. Nous partons vers l’attaque d’un bon pas, pour nous faire rattraper en trombe par un train de jeunes, menés par deux guides, qui se sont dirigés droit sur notre petite voie convoitée, nous expédiant au passage un magnifique bloc de rocher.

Pas rancunières, et nous doutant bien qu’ils étaient en super forme, nous avons décidé d’attendre derrière eux pour pouvoir escalader tranquillement la facette. Ce qui nous a quand même valu une heure et demie de retard: bouchon sur la voie. Lorsqu’enfin le bouchon s’est dissous, à nous la belle fissure, le magnifique dièdre!… jusqu’à la dernière longueur. Et là…la cause du bouchon s’est rapidement imposée à mes avants-bras: le pas de 4b était étrangement costaud. Essayé pas pu. Oh, je sais bien que je n’ai plus beaucoup le temps de grimper mais quand même!!!

Situation bloquée, que faire? Ma copine me propose d’essayer, trouve aussi drôlement dur. Ne pas paniquer, réfléchir. Quelles sont les options?

Mes lectures m’ont fourni la solution: « appuie-toi sur mes épaules » je lui fais, en lui expliquant que des générations de Chamoniards ont surmonté les pires fissures en se faisant la courte échelle! Et c’est comme ça qu’on s’est dépatouillées et qu’on a terminé notre course. Le système D, quoi!

« Page précédentePage suivante »

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.