Blog de Catherine

07.11.2008

Votations du 30 novembre – droit de recours (1)

Filed under: Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 22:06
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Il est temps que je reprenne la plume…je veux dire, le clavier. Nous allons vous et moi, parler de politique ces prochains jours. En effet on se bat depuis quelques mois sur un sujet politique malheureusement abscons pour la majeure partie d’entre vous, mais absolument vital pour quiconque veut préserver la nature, le patrimoine et l’environnement en Suisse. 

Pas drôle le sujet? Ni émouvant ni passionnant? eh bien sachez que si, sur le bon conseil des radicaux, on raye ce droit de la carte (pardon, de la loi), on pourra toujours courir pour protéger la nature, éviter que l’on construise des parkings à étage dans des roselières, des centres ludico-commerciaux en pleine nature, que l’on bétonne les les derniers rivages ou que l’on rase un château pour faire de la place.

Le parti radical est bien prétentieux lorsqu’il prétend qu’une fois ce droit aboli, on retrouvera prospérité, emplois, richesse et bonheur.

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Bof…sans rire?

Jusqu’à la crise financière, tout allait bien en Suisse non? les entreprises affichaient des taux de croissance rebondis, même si les associations veillaient au grain. C’est bien le libéralisme sauvage et l’appât du gain qui ont fracassé le système économique mondial et provoqué la récession, et non l’écologie.

Alors ne vous laissez pas berner par l’initiative du parti radical, il faut voter NON le 30 novembre, contre l’abolition du droit de recours.

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24.09.2007

Monsieur Cornu brouille les pistes

Filed under: Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 10:09

Il ne suffit pas, cher Monsieur Cornu, de se parer d’une vertueuse couleur verte et de tirer sur le parti rival de gauche pour gagner une élection.

Prétendre, comme vous le faites dans le journal de la Gruyère de samedi, que la gauche n’a rien fait pour l’environnement est un mensonge, même s’il se veut vert.

Les ratings, basés sur les résultats des votes au conseil national, montrent que les députés socialistes dans leur grande majorité, on voté des mesures en faveur de l’environnement et du climat, alors que la droite s’est amusée à démolir toute tentative de progrès dans cette direction. Alain Berset, votre rival, mouille sa chemise pour préserver les droits des associations de défense de l’environnement, je le sais parce que je le vois à l’oeuvre concrètement. Il sort dans la rue récolter des signatures pour la protection du climat. Il cherche des solutions pragmatiques pour diminuer la consommation des stand-by, pour ne mentionner que quelques points…

Au conseil des Etats, pas de vote électronique, donc pas de « surveillance » citoyenne. Vos discours verts pourraient bien se délaver dans le secret des votes, si vous êtes élu.

Alors, électeurs fribourgeois, ne vous laissez pas embobiner par le chant de la sirène glânoise…

21.07.2007

Ecologie et JC Cornu

Filed under: Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 10:23

Ici, on prépare notre départ pour Berlin. 6 sacoches et 2 charettes à charger, 6 vélos à préparer, le bazar partout. Et pourtant, l’adhésion de Jean-Claude Cornu à Ecologie Libérale me turlupine tellement qu’il faut que j’écrive que tous mes signaux d’alarme sont sur rouge.

Ce n’est juste pas possible que M. Cornu soit sincère, quoiqu’on en a vu plus d’un évoluer tardivement vers une prise de conscience des problèmes écologiques. ça ne cadre pas avec le personnage. J’ai eu l’occasion de le côtoyer dans le cadre de certains dossiers (notamment celui de la décharge des Montets) et j’ai observé comment il traite les affaires; en temps que préfet, il devait garantir un certain ordre et respect des lois. Or, il louvoie, s’arrange pour que les choses se fassent d’une manière ou une autre, et surtout pour que les amis et les relations soient satisfaites. Les autres personnes, il les embrouille, les endort, ou les tourne en ridicule.

Ses positions, lorsqu’il siégeait à Berne, étaient pour le nucléaire, contre le droit de recours et pour les OGM. On ne change pas comme ça d’un coup de baguette magique…

Non, je n’y crois pas. C’est du pur électoralisme. D’ailleurs, lorsqu’il s’épanche dans la Liberté, ses motivations restent vagues: on dirait qu’il cherche à se distraire (la politique de droite manque de piquant…), il trouve « intéressant », mais c’est tout…Ce n’est pas une personne de conviction, ni d’engagement Ce n’est donc pas parce qu’il se pare de vert qu’il devient soudain éligible!

20.06.2007

Oh, les Verts suisses, du calme

Filed under: L'écolo, elle en pense quoi?,Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 8:24

L’actualité politique suisse n’est pas brillante, surtout pour ceux que l’avenir de la planète, l’état de droit et les droits humains préoccupent. Electoralisme oblige…

Le conseiller fédéral Blocher continue son travail de sape et dernièrement en rajoute une couche en tapant sur l’épaule des chasseurs en disant que ce sont eux les écolos, et qu’il faut descendre les lynx (la nature doit être gérée) qui se balladent actuellement dans les Préalpes. Quand je vous disais que le racisme n’est pas loin de la haine contre les prédateurs…

Le conseil fédéral s’emmêle les pinceaux dans le message le plus hilarant qu’il n’a jamais publié pour recommander d’accepter l’initiative radicale pour supprimer le droit de recours des associations: en substance, le message de 16 pages dit que l’initiative est peu claire, que l’application concrète est encore totalement floue et incertaine et qu’il faudra engager des fonctionnaires supplémentaires pour faire le travail qui était jusque là fourni par les associations, qu’il faudra renoncer à signer la convention d’Aarhus, qui prévoit que les citoyens aient accès aux informations concernant les impacts écologiques de tel ou tel projet. Mais malgré tout, hourra, pour plus de croissance en  Suisse (!!!) il faut accepter de supprimer ce droit. Sans rire. Le conseil fédéral se paie notre tête et ce message est le signe soit d’une incompétence manifeste, soit d’un noyautage complet par l’extrême droite .

Mais tout cela, je m’y attendais. Avec un certain fatalisme. Ce qui m’a fait bondir ce matin, ce sont les élucubrations de Ruth Genner, présidente des Verts Suisses, à la radio. Pourtant, je place mes espoirs dans un parti vert qui pourrait influencer de manière plus pragmatique l’écologie en Suisse. Eh bien les voilà qui s’étripent en public au sujet d’une candidature qui va faire de l’ombre à plus d’un: celle du formidable Daniel Brélaz, qui a l’affront de prétendre à un siège au national tout en gardant la syndicature de Lausanne.

Mais bon sang, un peu de panache, les Verts! acceptez qu’il y ait des personnes hors normes et présentez-nous plutôt une vision, un projet et un avenir qui nous fasse bouger, tirez le monde en avant! sauvez la planète! ne tombez pas dans ce stupide électoralisme aux accents de féminisme mal placé et pis encore, qui risque de déraper dans un rösti graben dont vous n’avez que faire! Allez, faites nous rêver un peu! Ne nous lâchez pas déjà maintenant…

25.05.2007

Droit de recours – le gag de la semaine

Filed under: Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 15:30

C’est vraiment amusant. J’ai découvert le blog de Philippe Nanternod, « apprenti politicien » (comme il se décrit lui-même) du parti radical valaisan et artisan actif de l’initiative pour la suppression du droit  de recours.

Le seul exemple qu’il cite dans son texte expliquant pourquoi il faut supprimer ce droit, c’est l’exemple de Galmiz.

Or, il n’y a jamais eu de recours à Galmiz…le projet s’est écroulé pour d’autres raisons.

Cet apprenti a encore beaucoup à apprendre…

23.05.2007

L’écologie, désinformation et électoralisme

Filed under: L'écolo, elle en pense quoi?,Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 23:47

Les périodes électorales sont riches en bêtises, pugilats, battements de paupières vertueusement écologiques et coups tordus. Cette année, tous les partis  se tournent vers l’écologie (sauf l’UDC) pour fleurir les discours électoraux: il est de bon ton de verdir son blason, de montrer patte verte et de prendre au sérieux les problèmes qui menacent la planète.

Mais il faut bien s’en rendre compte, le parti radical, soutenu par l’UDC  torpillent sans sourciller les maigres gardes-fou dont nous disposons pour protéger la nature en manipulant la désinformation à fleuret démoucheté. Non contents de nous agiter l’épouvantail d’une hypothétique pénurie d’électricité pour construire de nouvelles centrales nucléaires, les bourgeois s’acharnent sur le droit de recours des associations de protection de la nature. Poursuivant leur tactique de désinformation, ces Savonaroles du néo-liobéralisme nous prédisent les pires catastrophes économiques prêchant à qui veut les entendre que le droit de recours, baguette magique malfaisante aux mains d’irresponsables rêveurs, limite la croissance économique. Les bûchers de l’Inquisition bourgeoise sont allumés, les radicaux fanatiques ont lancé leur initiative pour supprimer le droit de recours – pour plus de croissance.

En substance, cette initiative dit: dès qu’un projet est accepté par votation par une assemblée législative quelconque (parlement cantonal, assemblée communale), ce projet ne peut plus être contesté juridiquement, même s’il est illégal. Par exemple: si la commune de Veysonnaz vote la construction d’un centre thermo-ludique au milieu du vallon de Réchy, il n’y aura plus personne pour faire valoir qu’un truc de ce genre n’a légalement rien à faire dans un vallon protégé.

Le conseil fédéral y est allé de sa pirouette, en recommandant d’accepter cette initiative alors qu’il en avait explicitement proposé le rejet. Qui a poussé les marionnettes pour les pirouettes? les bourgeois, bien sûr. Pourquoi? élections obligent. Les caciques du parti radical ne pouvaient laisser leur parti s’engluer dans une initiative sans les soutenir, quitte à trahir tout bon sens. Et l’UDC, tout content de pouvoir encore taper sur quelqu’un (Leuenberger), a largement suivi en se disant: c’est nous les hommes forts!

Alors écoutez-moi bien: si un politicien vous dit qu’il est soucieux d’écologie, que par conséquent il soutient la construction de centrales nucléaires parce qu’elles ne produisent pas de gaz à effet de serre et qu’il veut supprimer le droit de recours car la nature est suffisamment protégée comme ça, c’est certainement un radical ou un udc…et vous pouvez lui rire au nez. Son écologie à lui sert d’abord ses propres intérêts. A bon entendeur!

27.04.2007

Elections françaises: Machiavel (Royal) contre Louis (Sarkhozy) XIV?

Filed under: De tout et de rien,Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 11:54

Pour une fois, je ne vais faire ni de l’écologie, ni de la poésie, ni de la politique suisse.

Plantons le décor:

1) si j’étais française, je ne saurais pas pour qui voter: certainement pas Sarko, mais Ségo…bof.

2) je suis en train de lire « les liaisons dangereuses » de Laclos, qui est une vraie encyclopédie de la manipulation… Je vois donc des machinations partout!

Je regarde ce trio infernal que forment Ségolène Royal, Nicolas Sarkhozy et François Bayrou. Et je me dis:

Ségolène sort les dents elle a le dos au mur. Elle cherche maintenant à faire tomber Sarko, plutôt que de gagner l’élection. Elle le provoque en proposant un débat avec Bayrou . Elle espère peut-être que Nicolas perde ses nerfs et le pousse à faire un truc inacceptable pour le grand public: par exemple manipuler la presse. Forcer la télé à refuser le débat.

Si c’est prouvé que Nicolas  manipule la presse et musèle la liberté d’expression, cela pourrait bien faire un remake des élections espagnoles: le parti de l’ex- président José Maria Aznar a perdu les élections car les Espagnols n’ont pas du tout aimé son opération de désinformation suite aux attentats terroristes de Madrid . En trois jours, l’opinion publique a changé et  le socialiste José Luis Zapatero a gagné.

Alors Ségolène est-elle une Madame de Merteuil? un Machiavel en jupons? j’avoue que si tel était le cas, elle m’impressionnerait…à tel point que je serais au final incapable d’aller voter!

30.01.2007

Cherchons zensemble un site pour nos déchets nucléaires…

Filed under: L'écolo, elle en pense quoi?,Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 0:08

Il y a de la belle prose, dans ce plan sectoriel mis en consultation par la Confédération pour l’enfouissement de déchets nucléaires dans les couches géologiques profondes. « Aujourd’hui pour demain » , « participation » , « développement durable » (quel culot), ce sont les mots qui bercent ce psaume dédié à nos poubelles nucléaires…

En parcourant ce rapport, voici ce qui m’a traversé l’esprit.

Cela fait bientôt 25 ans que la CEDRA (Nagra pour les alémaniques), le groupe de scientifiques qui cherche un site de stockage en Suisse, creuse, creuse et creuse dans divers sous-sols pour trouver des sites stables. Mais le sous-sol suisse est imprévisible: on trouve des sédiments là où l’on attendait du granit, des fissures en veux-tu en voilà. Pas besoin de vous faire un dessin pour vous expliquer que nous vivons dans une zone géologiquement active donc peu stable puisqu’on est dans les Alpes (ça bouge dur pour faire pousser des montagnes pareilles).  Dans notre bonne vieille molasse que l’on croit super imperméable parce très argileuse, on trouve d’affreux chenaux remplis de sable à peine consolidé, cauchemar des exploitants décharges parce qu’ils servent d’autoroute pour les eaux contaminées qui s’échappent soit de décharges soit justement d’entrepôts de déchets radioactifs.

Bref, on a du mal à trouver un coin tranquille pour nos déchets, si ce n’est dans des couches d’argiles (Opalinus). C’est vrai que l’argile, c’est presque miraculeux, ça peut retenir beaucoup de contaminants.

Oui et alors? une fois cachés dans l’argile, on n’en parle plus? impossible de garantir une sécurité absolue à si long terme. Les entrepôts finissent par se dégrader, les eaux d’infiltrer, le béton se désagréger. Je trouve donc que le ton primesautier de l’invitation à trouver un site qui satisfasse tout le monde est pour le moins hypocrite: en fait ON N’A PAS LE CHOIX! Il n’y a pas de plan B. On doit enterrer nos déchets chez nous avec tous les risques que cela comporte.

C’est toujours mieux que de les envoyer au Soudan ou dans les ex-républiques soviétiques, qui les accueilleraient à bras ouverts contre deniers sonnants et trébuchants (paraît que l’ancien directeur de la Nagra, un certain MacCombie, aurait ouvert un bureau de consultant spécialisé dans l’exportation de déchets nucléaires…). On prend toujours plus de précautions chez soi.

Faut-il un dépôt accessible ou non? le concept-psaume nous dit que des observations devraient être menées jusqu’en 2100…c’est justement là le hic: dans 93 ans, les déchets hautement radioactifs le seront toujours et l’état du dépôt pourrait justement commencer à se dégrader. Et là, salut tout le monde, on fermerait boutique? Non! on est obligé de ne pas les oublier, ces déchets, de pouvoir réparer, colmater, remplacer, surveiller pendant…mille ans? plus encore?

Ce genre d’exercice devrait convaincre toute personne de bon sens qu’il ne faut pas construire de nouvelles centrales. Le problème des déchets n’est PAS réglé. Lorsqu’ils reviennent des usines de retraitement en France, les déchets sont toujours radioactifs. Si en 25 ans on n’a pas trouvé de site idéal et sûr pour les déchets de 6 centrales, comment peut-on prétendre que le problème est maîtrisé? le temps d’un mandat électoral, oui, on maîtrise, avec un joli dépôt tout neuf. Mais dans 93 ans, on ne maîtrisera plus rien du tout.

Les partis de droite suisses sont parfaitement irresponsables en réclamant à corps et à cris de nouvelles centrales nucléaires. Ils ont bien préparé leur coup, je vous l’avais dit l’été passé: on commence à faire peur à tout le monde en agitant la menace d’une pénurie d’électricité. Ainsi, avant d’avoir essayé d’économiser le moindre kilowatt, le public mange dans la main des sauveurs vendeurs d’électricité et opine du bonnet.

Les caciques du puissant lobby nucléaire ne reculant devant rien, surtout pas devant la désinformation, ils attribuent à cette technologie la vertu suprême: comme elles ne dégagent pas de CO2 (gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique), les centrales nucléaires produisent une énergie…propre! Et ne nuisent pas au climat. Quel raisonnement foireux et pervers! c’est comme si on vous disait alors que vous souffez d’un cancer du poumon: continuez de vous saoûler, l’alcool ménage les poumons…

22.12.2006

Me Poncet, une capacité de nuisance bien supérieure à celle du loup

Filed under: Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 0:11

J’ai découvert un deuxième Rambo dans cette affaire de loup valaisan. Le premier est incarné par Jean-René Fournier, le deuxième, par Me Charles Poncet qui n’aime pas, mais alors pas du tout l’idée d’avoir quelques loups dans les Alpes. Soit, c’est son droit. Mais est-ce une raison pour descendre ses concitoyens au lance-flammes, ravager les institutions au napalm, écrabouiller toute notion d’Etat de droit, et traîner dans un cul de basse fosse ceux qui ne partagent pas son avis ? La prose ronflante de Me Poncet n’est ni habile, ni délicieusement satirique, ni drôle. Pas une ombre de franche rigolade en vue en lisant sa lettre ouverte publiée dans l’Hebdo de cette semaine:  une véritable exécution à la Kalachnikov du loup, du WWF et de son directeur. Elle est tellement trash, cette lettre, que l’on se demande si M. Poncet n’est pas atteint d’une rage de dents, d’une puissante colique ou d’un problème plus grave encore.

La liberté d’expression ne justifie pas la logorrhée pompeuse et destroy de cette lettre.  On peut ne pas être d’accord avec le WWF. Chacun est libre d’adhérer ou non à une association à but non lucratif. Dans la mesure où de telles organisations ont le droit d’exister, on est forcé d’admettre que tout le monde ne voit pas les choses de la même façon. Dans le cas du loup, il ne s’agit pas simplement d’une question d’idéologie: plusieurs pays d’Europe se sont mis d’accord pour protéger la biodiversité dont le loup. Dans l’affaire des loups valaisans, le WWF n’a fait que demander à ce que la loi soit appliquée. Point c’est tout. C’est grave ? En tant qu’avocat, Me Poncet devrait être un peu au courant de ce genre de choses…  Me Poncet se la joue-t-il Dan Brown avec ses allusions sur l’opacité du WWF, sa ressemblance avec l’Opus Dei et ses financement « troubles » ? (là, je me récuse: je me MARRE quand même en lisant ça, ça me rappelle le temps où on nous traitait de khmers verts).  En agitant le spectre du WWF -secte, Me Poncet ne relayerait-il pas la nouvelle campagne d’intox (assez trouble, aussi) qui est en train de contaminer le public romand? on répète en boucle et à qui veut l’entendre que le WWF et autres associations monnaient leurs transactions avec des promoteurs…Me Poncet veut-il publier un roman, The WWF Code par exemple? C’est du déjà vu, voyons…et en plus, il confond deux genres: le roman et la diffamation !

20.10.2006

Elections fribourgeoises (3): candidat Pascal Corminboeuf

Filed under: Politique...chaud! — Catherine Martinson @ 11:28

Maintenant je comprends pourquoi M. Corminboeuf se méfie des ONG : le tout-ménage d’ACCUSA, association de protection des animaux n’y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu’il appelle à « boycotter » notre conseiller d’Etat ex-agriculteur…Je ne suis pas d’accord avec ce genre de pub. Je préfère vous raconter comment j’ai perçu M. Corminboeuf lorsque j’ai eu affaire à lui. Vous verrez ma conclusion. 

Pascal Corminboeuf pratique un art consommé : celui de brouiller les pistes. Ce qui fait de lui un redoutable politicien. Je crois qu’au fond de lui, il est sincèrement préoccupé par l’avenir de la planète, mais lorsqu’on est élu, la marge de manœuvre se réduit comme une peau de chagrin… Quand il vous écoute et qu’il vous parle, avec son langage tout simple, on est enthousiaste, on se sent sur la même longueur d’onde. Il vous fait part de ses soucis en toute bonne foi, vous écoutez aussi, on a presque une impression d’empathie. Mais attention, la critique couve. La pointe arrive au moment où on ne s’y attend pas. Le WWF et les autres, ça ne comprend rien à rien. 

J’ai fait sa connaissance en 98, lorsque j’ai repris le poste de secrétaire régionale du WWF Fribourg et que j’ai démarré avec 7 patates très chaudes dans les mains : 7 recours contre 7 halles d’engraissement pour poulets, que ma collègue précédente et l’infatigable présidente d’alors avaient soumis au tribunal cantonal…dans un canton agricole comme Fribourg, je vous jure que ce problème ne passait pas inaperçu et probablement 99 personnes sur 100 étaient prêtes à prendre pour cible le malheureux panda à trois lettres.

Pascal Corminboeuf n’était pas au conseil d’Etat depuis longtemps. Il a pris le temps de nous écouter : j’ai discuté bien quelques heures avec lui sur l’agriculture intensive, sur les dégâts que l’élevage industriel pouvait infliger aux eaux souterraines et aux cours d’eau. Nous craignions que le canton ne se couvre de halles et que les nitrates détériorent nos gisements d’eau. Comme en Bretagne. Il a bien écouté, Pascal, il était presque d’accord avec moi. D’autant qu’à l’époque, ces constructions semi-industrielles étaient interdites en zone agricole. Mais il ne nous a pas suivis dans notre argumentation.  

Quand nous avons gagné les recours au tribunal fédéral, il a fallu faire face à une presse déchaînée et à des paysans démontés. Au cours de la conférence de presse, durant laquelle nous nous sommes fait lapider verbalement, M. Corminboeuf a annoncé avec une sérénité étonnante : « les relations entre le WWF et le canton sont bonnes ». Il fallait oser. Je ne l’ai pas oublié. 

Etonnamment, il a paniqué lorsque les lynx des Préalpes fribourgeoises ont commencé à faire preuve d’un amour immodéré du méchoui. C’était en 1999, une année TRES chaude pour le WWF, car nos bestioles favorites ripaillaient sur les alpages, après avoir dévasté la population de chevreuils de montagne. Un lynx, semi-pirate, semi-héros, a été désigné comme coupable ultime et condamné au fusil : le lynx Tito.

Alerté par la « détresse » d’un berger un peu louche, M. Corminboeuf s’est déplacé dans les pâturages, ayant réussi à alerter Philippe Roch, alors chef de l’office fédéral de la protection de l’environnement, ainsi que la presse. Jouant de sa grande force d’écoute et d’empathie, il a décrété que ce lynx dévoreur de brebis devait être abattu, ce que les autres se sont empressés d’approuver. La presse locale a même été mise à contribution, le journal de la Gruyère ayant publié un sondage sur le sort à réserver au lynx. Evidemment, 90% des sondés gruyériens voulaient la mort de la bête ce qui n’a surpris personne. On a donné dans le pathos, lorsque M. Corminboeuf a évoqué la douleur du paysan face à la mort des brebis torturées par le fauve sanguinaire. Dommage, c’était un peu show-biz, un peu démago, mais au fond pas grave : Tito s’est tiré en Suisse allemande ! Fait étrange cependant:peu après, le berger a abattu son chien… 

Bilan à contrastes : Monsieur Corminboeuf tient tête aux chasseurs, mais permet de défoncer le Cousimbert avec de grosses routes d’alpages. Il renie la valeur de la terre agricole dans l’affaire Amgen-Galmiz, mais remporte de beaux succès dans la fusion des communes. Mon meilleur souvenir, cependant, c’est son soutien à l’intiative Sans-OGM. Là, il était convaincu. Il a (peut-être) déposé momentanément son manteau de politicien pour réfléchir à une problématique mondiale cruciale. Du moins j’aime à le croire. C’est pourquoi j’aimerais le revoir à la tête du canton pour une dernière législature..     

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